Le programme Performances Industrielles du Gifas rentre dans sa dernière phase. Où en est-on ?
En effet, au 31 décembre 2015, nous avions réussi à capter 404 PME qui se sont organisées en 69 grappes d'entreprises, partout en France, de Brest à la Corse. C'est un projet d'une rare envergure, qui a même dépassé les objectifs de départ, tablant sur 400 PME et 65 grappes.
Combien d'entreprises sont concernées dans notre région ?
Nous comptons 95 PME dans 16 grappes, autour de donneurs d'ordres tels Airbus, ATR, et de rangs 1 comme Latécoère, Liebherr Aerospace, Ratier Figeac, etc. Notre seul regret est de n'avoir pu capter Rockwell Collins... Mais des ETI sont aussi chefs de grappe en région, comme Cousso, Recaero ou Freyssinet, le plus petit chef de grappe avec une cinquantaine de salariés.
Sur quels aspects ont porté les efforts de changement ?
Ce qui est intéressant, c'est que les deux parties ont dû faire des efforts. D'après un premier bilan concernant 28 grappes de 165 PME, ces dernières ont mis en place des actions d'amélioration des flux (43 %), de la gestion de production (33 %), de la qualité (7 %) et de l'approvisionnement (7 %). Côté donneurs d'ordres, les efforts se sont portés en majorité sur la communication avec les fournisseurs, la logistique (problèmes de réception et d'envoi de la matière) et l'envoi de prévisions fiables et stables.
Le premier bilan de ce programme est-il positif pour la chaîne de sous-traitance ?
Seize grappes ont terminé le cycle de 18 mois ? 12 mois d'accompagnement suivis par un retour du consultant six mois après pour s'assurer de la pérennité des actions engagées. Ce qui ressort de ce premier bilan, c'est que la maturité globale (en matière de flux, qualité, etc) dans ces PME a progressé de 15 % Un autre chiffre : en terme de livraison à l'heure, de profondeur de retard et de non qualité, 75 % des PME ont réussi à progresser de 50 %. Ce qui ne fonctionne pas encore, c'est la projection à six mois, un an. Cette visibilité a du mal à descendre dans la chaîne de sous-traitance. Il faudrait des contrats pour pérenniser la situation mais les grosses entreprises ont dû mal à les faire... et quand elles le font, les PME n'arrivent pas à les digérer. Plus largement, la principale problématique est de pérenniser les bonnes pratiques.
Poursuivre les échanges d'une grappe dans le cadre d'un club, comme Space l'a instauré l'an dernier ?
En effet, il fallait trouver un moyen simple pour que les PME puissent échanger sur leurs difficultés opérationnelles. Le premier club Space Share a démarré en Midi-Pyrénées, en juin 2015, fédérant une douzaine de PME provenant de trois grappes qui se sont terminées. Etonnant : ces PME nous ont demandé des les aider à réfléchir à l'aspect stratégie d'entreprise... c'était assez inattendu pour nous.
Le Gifas a annoncé en janvier qu'il soutiendrait financièrement un programme Performances Industrielles 2.
Oui, cette fois l'objectif porterait sur 200 à 250 entreprises, de 2017 à 2019. Nous souhaitions ce programme et les PME nous le demandent également. Il s'agirait cette fois de mettre l'accent sur la planification sur le moyen et long terme et sur la mise en oeuvre d'une dynamique globale d'amélioration via le management. Ce serait bien aussi de chercher plus d'ETI comme chefs de grappe.
Ce programme bis est-il financé ?
Avec un budget d'environ 9 M?, ce programme ? dont Space assurera la maîtrise d'ouvre, au moins sur la partie budget - a besoin d'un financement de l'Etat. Nous sommes en train de rencontrer les gens qui pilotent le PIAVE (Projets industriels d'avenir); la contribution de l'Etat pourrait se faire cette fois via des avances remboursables.
Propos recueillis par A.B.
Aéronautique. Christophe Cabaret, directeur de l'association Space, dresse le bilan de Performances Industrielles et dévoile le projet d'un 2e programme en 2017.