L'élection du moment, c'est le scrutin régional qui se tient les 6 et 13 décembre et qui doit déterminer la couleur politique de la première majorité de la Normandie réunifiée. Un instant « historique », clame de concert l'ensemble des candidats. Moment charnière, à tout le moins, où les organisations patronales se rappellent à leur bon souvenir pour faire passer avec force des messages dont la vigueur semble inversement proportionnelle au délai qui les sépare de la fin du mandat. À quelques semaines du premier tour, le Medef Normandie a dégainé ses huit priorités « pour une Normandie attractive et compétitive ». À peu près dans le même timing, les CGPME de Haute et Basse-Normandie ont mis sur la table la déclinaison locale du « Livre Blanc » de l'organisation présidée par François Asselin. À voir l'empressement des deux principaux candidats Hervé Morin (UDI) et Nicolas Mayer-Rossignol (PS) à venir recueillir les doléances des chefs d'entreprises au Havre le 24 novembre dernier, on pourrait légitimement penser que le message est cette fois bien passé. Entendez, que la voix des entreprises, au-delà des querelles de chapelles, porte et portera bien jusque dans l'hémicycle de la future assemblée régionale... De fait, rien n'est moins sûr, tant l'exercice est convenu. La faute aux organisations patronales autant qu'aux élus, d'ailleurs. François Asselin le reconnaît volontiers (lire page 5). Élus et dirigeants se regardent souvent en chiens de faïence, comme venant de deux mondes qui ne se comprennent pas. Conclusion : « nous aurions intérêt à maintenir le dialogue tout le long du mandat », concède le patron de la CGPME.
Guilaume Ducable @email