Châteaulin : Dépasser les inquiétudes
# Ressources humaines

Châteaulin : Dépasser les inquiétudes

Le dépôt de bilan du groupe Douxen juin dernier a été une véritable déflagration à Châteaulin où le volailler est de loin le plus gros employeur. Les acteurs économiques de ce bassin d'emploi restent optimistes et veulent tirer profit de leur position de carrefour.

C'était le coup de Trafalgar que tous les Châteaulinois redoutaient mais savaient inévitable. Le 1erjuin dernier, lorsque Charles Doux dépose le bilan de son groupe au tribunal de commerce de Quimper, ce sont les 836 salariés du siège social et des sites de Châteaulin qui tremblent. Mais pas seulement. Sur un territoire où l'agroalimentaire représente le gros de l'activité, l'ensemble des acteurs économiques s'inquiètent. «Tout le monde était concerné, constate Philippe Gastoud, P-dg de Breizelec qui emploie une cinquantaine de personnes à Châteaulin. On est tous interdépendants. Si le territoire s'appauvrit, les gens ont tendance à aller voir ailleurs. C'est pénalisant pour tout le monde».




Effet boule de neige
«On craint l'effet boule de neige», poursuit Gaëlle Nicolas, maire (UMP) de Châteaulin. Elle confie que l'annonce de Doux l'a pris de court:
«On savait que c'était un colosse aux pieds d'argile mais le timing nous a surpris: la direction nous tenait un discours rassurant depuis quelques mois». La mise en vente du pôle frais n'aura finalement que peu d'impact à Châteaulin.

Le nombre d'ouvriers à l'usine de découpe, qui faisait partie du pôle frais, est passé d'une soixantaine à un peu plus de vingt. Mais la plupart ont pu être reclassés à l'abattoir, où une équipe de nuit a été réintégrée. Ce sont surtout les annonces de restructuration au siège qui auront été les plus douloureuses: 39 postes supprimés parmi le personnel administratif, en plus de la trentaine de départs volontaires. Au total, l'effectif du siège social devrait passer de 186 postes avant le 1erjuin à environ 120. Pour Châteaulin, c'est une mauvaise nouvelle qui vient s'ajouter à une conjoncture difficile. «Depuis 2008, on a connu une succession de plans sociaux: il y a eu Nutrea à Cast, Livbag et Novatech à Pont-de-buis..., énumère Gaëlle Nicolas. Et maintenant Doux.»




Châteaulin, Pleyben, Pont-de-Buis: un même bassin d'emploi?

Mais pour Philippe Gastoud, Châteaulin est une ville dynamique qui a les moyens de se relever. Il donne en exemple la création l'été dernier du Club des entreprises du Pays de Châteaulin, du Porzay, de l'Aulne Maritime et de la Presqu'île de Crozon.
«On recense déjà 40 adhérents!» se réjouit le P-dg de Breizelec qui a été élu à la tête du club. Des membres qui incarnent les spécificités du bassin d'emploi de Châteaulin: beaucoup de petites entreprises dans des secteurs variés avec une surreprésentation de l'industrie agroalimentaire et automobile (réparation et sous-traitance). Et qui dépassent les frontières administratives.



«À cause de divergences passées, les communautés de communes de Pleyben, Pont-de-Buis et Châteaulin ne se sont pas rapprochées, alors que pour les entreprises, c'est le même territoire, remarque le maire de Châteaulin, Gaëlle Nicolas. Ce serait pourtant une bonne chose de travailler ensemble.» Le symbole de cette unité économique est la présence de l'entreprise Salaün (750 salariés, 222M€ de CA) à Pont-de-Buis et à Châteaulin où elle emploie plus d'une centaine de personnes.




«L'histoire de Salaün a commencé à Pont-de-Buis et y conserver notre siège social n'a jamais gêné notre croissance, fait remarquer Stéphane Le Pennec, directeur général du groupe Salaün. La preuve qu'on y est bien est qu'on a investi dans un nouveau bâtiment à Châteaulin en 2010, à côté de celui qu'on possédait déjà, pour y installer les 40 salariés de Salaün Évasion Tour Operating». Selon lui, si être domicilié à Pont-de-Buis peut apparaître comme «plus complexe» du point de vue logistique, il n'en est rien: «Le réseau routier est très performant grâce à l'axe central qui permet de rejoindre Rennes rapidement.»



La position de carrefour qu'occupe le bassin de Châteaulin au centre de la Bretagne est l'atout numéro1 du territoire que Philippe Gastoud veut mettre en avant.
«Quand je vois le nombre d'entreprises de transports et de logistiques qui sont venues s'installer ici, je me dis que ce positionnement central est vraiment un avantage pour la ville».

Parmi les gros employeurs de la communauté de communes de Châteaulin, on trouve en effet les transports T.E.C.L (58salariés), la compagnie armoricaine de transports (52salariés) ou les transports Joyau (48 salariés). Un positionnement qui aide aussi pour recruter, selon Stéphane Le Pennec.
«Nos salariés peuvent habiter aussi bien à Brest qu'à Quimper et on constate qu'il y a finalement très peu de turnover. Nos collaborateurs apprécient la qualité de vie ici».



Le président du club d'entreprises relève quand même un point noir: le haut débit. «Dans mon entreprise, Breizelec, j'ai un débit de 500Ko. Autant dire rien du tout», s'énerve Philippe Gastoud. Une protestation qu'assure avoir entendue Gaëlle Nicolas: «La Région a installé la fibre jusqu'à la zone d'activité du Pouillot. Et la communauté de communes s'est engagée à investir pour continuer le trajet et tirer la fibre jusque dans la ville».

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