Ce n'est pourtant pas par manque de vouloir en faire quelque chose, de cette zone, que Chantepie ne ressemble pas à un pôle commercial en plein essor. Mais les décisions sont parfois longues à prendre, sans compter que les acteurs se renvoient bien volontiers la balle... D'un côté, le maire de Chantepie souhaite voir sa zone retrouver une nouvelle jeunesse. De l'autre, Rennes Métropole joue les arbitres dans l'équilibre à trouver pour les pôles commerciaux. Et tout cela, au milieu des entrepreneurs privés qui proposent des projets, et doivent séduire pour réussir !
Un hectare en cours
L'un d'entre eux sort actuellement de terre, à la place des anciens établissements Colas, près de Décathlon. La société d'urbanisme commercial et de promotion immobilière Arches Métropole (siège à Issy-les-Moulineaux, 92), en lien avec Giboire et Tourny Meyer, réalise un projet mixte de commerces (Inter Sport et La Grande Récré vont s'y installer) et de bureaux. « Nous avons exigé cette mixité, se félicite Grégoire Le Blond, le maire de la commune, qui ne veut pas de zones purement commerciales. Il faut dire stop à la consommation du foncier ». Un hectare est donc pour l'instant en bonne voie (Arches Métropole).
Quatre autres hectares de mixité sur le terrain de GMR
Un autre terrain de 4 ha reste encore en réflexion, dix ans après l'arrêt de son utilisation (entre la zone des Loges et celle des Logettes) : la friche de l'ancien groupement des maraîchers rennais (GMR), qui appartient à la famille de Pierre Le Duff (fondateur de Super Sport). Selon le chef d'entreprise rennais, « le dossier est entre les mains des élus ». Cela fait en réalité plusieurs années que les propriétaires travaillent avec l'architecte rennais Jean-Pierre Maignan, d'abord pour créer un espace commercial, puis, selon la volonté du maire, pour créer une zone mixte. « Des logements dans cet espace, on ne le sent pas ! », lance pourtant Pierre Le Duff, qui a des doutes sur le financement du dossier. En effet, des logements à prévoir à cet endroit, cela suppose d'autres contraintes (notamment un montant de prise en charge de travaux de voirie, éclairage...). Il faut dire que le maire de Chantepie souhaite joindre à cette friche un terrain qui lui fait face (et qu'elle a racheté à l'ancien centre de formation Peugeot). « Nous voulons là aussi un projet de mixité, avec des commerces, des bureaux et des logements. D'ailleurs, ce sera plus rentable que des commerces, car on ajoute des étages au-dessus des commerces ! », insiste Grégoire Le Blond.
Dans les mainse de Rennes Métropole
Comme Arches Métropole, avec ses parkings mutualisés, a reçu un avis favorable en CDAC, cela a relancé le dossier Le Duff. Mais avant de soumettre un projet, la Ville doit réaliser une étude d'accessibilité, pour régler les problèmes de circulation. Or, Rennes Métropole doit s'associer à cette étude, car elle doit prendre en compte la circulation des bus, notamment vers le métro. Les résultats seront connus en fin d'année. De quoi laisser espérer à Grégoire Le Blond et Pierre Le Duff une issue pour le projet GMR, dont le programme pourrait commencer début 2015... « Le dossier est entre les mains de Rennes Métropole », considère Julien Le Duff, fils de Pierre, qui a pris en charge le dossier pour le compte de la SCI familiale. « On est dans l'expectative, car les négociations entre Chantepie et Rennes Métropole peuvent durer », craint-il. À Grégoire Le Blond de convaincre l'agglo qui, jusque-là, voulait « d'abord développer le secteur du Val Blanc. Moi, je veux d'abord rénover les friches, indique le maire. Rappelons que d'après le Scot, Chantepie est un pôle majeur, dont l'intérêt passera forcément par sa modernisation et sa circulation. »
Aménagement La zone d'activité de Chantepie peinait à se faire une place parmi les dossiers du commerce rennais. Se pourrait-il qu'elle connaisse enfin une seconde jeunesse ? Après le projet d'Arches Métropole à la place de Colas, la friche GMR devrait disparaître en 2015.