Chambres de commerce : La réforme, coûte que coûte
# Conjoncture

Chambres de commerce : La réforme, coûte que coûte

Les CCI ont tenu leurs états généraux à Paris le 9décembre dernier. Pressées par le gouvernement, qui veut aller vite, elles sont aujourd'hui engagées dans un processus d'autoréforme. Reste que si elles s'accordent toutes à vouloir mieux prendre en compte les besoins des entreprises pour améliorer les services qui leur sont dédiés, on est loin de l'unanimité quant à la méthode - et surtout l'organisation - à mettre en place pour y arriver. Dossier réalisé par Claire Pourprix, Philippe Créhange,Guillaume Ducable et Sébastien Colle

Le Premier ministre, François Fillon, venu clore les états généraux des CCI réunies le 9décembre à Paris, a laissé aux chambres la liberté d'affiner leur autoréforme. Invitées à faire des économies et à simplifier leur organisation, les CCI ont «quelques mois» pour proposer un modèle viable, dont les résultats tangibles sont attendus dès 2009. Les chambres consulaires, qui avaient opté fin novembre en assemblée générale pour un modèle combinant «la proximité territoriale et le renforcement de l'échelon régional», doivent donc rapidement faire des propositions concrètes. L'idée la plus probable est la mise en place d'une chambre régionale qui chapeauterait des instances "métropolitaines" sur la base de bassins économiques, elles-mêmes dotées d'antennes locales. Les 148 chambres devraient être ramenées à 125 en 2010 puis à une centaine à terme. On peut d'ailleurs imaginer que les chambres de métiers et de l'artisanat, également "invitées" à simplifier leur organisation, se rapprochent de ce nouveau mode opératoire. Si le projet n'a pas reçu le soutien de tous les présidents des CCI (lire plus bas), il soulève aussi des rivalités entre collectivités locales et régionales.




Ascenseur économique

Après six mois de rencontres avec les entreprises sur le terrain, les CCI ont pris acte des besoins en matière d'innovation, d'emploi, de formation, d'accompagnement à la création d'entreprise et au développement... - et imaginé comment adapter leurs services pour leur répondre efficacement. Cela se traduit par cinq engagements, «cinq objectifs ambitieux» selon Jean-François Bernardin, président de l'ACFCI. Les chambres s'engagent à poursuivre la diminution de leur pression fiscale d'au moins 10% d'ici à cinq ans. Elles proposent la mise en place d'un bouquet de services unique, quelle que soit leur localisation, et s'imaginent comme le «guichet unique des entreprises». Elles veulent doubler le nombre d'exportateurs réguliers, de 50.000 à 100.000, et accentuer leur contribution à la formation, notamment celle des jeunes. Pour Bruno Hug de Larauze, rapporteur général des États généraux et président de la CCI de Saint-Nazaire, les CCI, «espèce hybride entre la collectivité territoriale et l'entreprise» sont des «incubateurs de l'esprit d'entreprendre». En ce sens, elles ont pour mission d'être un «ascenseur économique de la TPE à la PME».




Faciliter les démarches à distance

Le Premier ministre a souligné qu'au-delà de guichets uniques sur l'ensemble du territoire, les entreprises doivent aujourd'hui pouvoir effectuer leurs démarches à distance. Dans ce cadre, il souhaite la mise en place d'un «portail internet unique en création d'entreprise, avec la double mission d'information et de guichet d'accomplissement des formalités», dont «la gestion sera assurée par les différents réseaux de centres de formalités des entreprises». Reste donc aux CCI à trouver leur place dans ce nouveau dispositif. Et vite!

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