CGPME : Jean-François Roubaud incite les PME à innover
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CGPME : Jean-François Roubaud incite les PME à innover





La CGPME Moselle accueillait, à l'occasion de son assemblée générale annuelle, le 6avril, le président national de la CGPME. L'occasion de faire le point sur la situation des PME.



Comment se portent les PME
dans la conjoncture actuelle?

On entend parler le plus souvent d'excès de très grandes entreprises, d'entreprises qui vont mal, voire très mal. Pour la très grande majorité des PME, elles ont plus de difficultés que l'an passé, des carnets de commandes moins remplis, des paiements qui se font plus difficilement, mais elles continuent de fonctionner. On est loin des golden parachutes et des s
alaires astronomiques. Il y a d'ailleurs une statistique, sur les salariés français qui apprécient leur chef d'entreprise, qui fait plaisir. En moyenne les dirigeants de PME, qui sont le plus souvent des entreprises patrimoniales, ont un salaire de 4.000€ par mois.

Mais quels sont les secteurs qui sont en délicatesse?
Les sous-traitants de l'industrie automobile sont particulièrement touchés, notamment en Lorraine. Mais on trouve aussi, le cartonnage, la restauration et l'immobilier qui a été l'un des premiers à souffrir de la crise. Alors beaucoup de choses se mettent en place pour le financement, la garantie, la formation. Le travail partiel aussi qui n'était pas dans la façon de faire des PME. Alors que si on arrive à généraliser cette pratique, cela veut dire qu'une entreprise peut pendant 7mois sauvegarder l'emploi et préparer éventuellement des salariés à une reconversion. Mais en cette période de crise, le chef d'entreprise n'a pas le temps de se plonger dans l'administratif. Il faut simplifier à l'extrême.
Où en sont les PME en terme de financement?
Il y a un véritable déficit d'information. Le chef d'entreprise est tellement pris par les soucis du quotidien. Il faut que nous allions le voir pour l'épauler. Nous avons proposé de pérenniser le médiateur du crédit, qui en quelques mois a permis de sauver 3.000 entreprises et 60.000 emplois. Et de lui donner un peu plus de pouvoir.
Les relations avec les banquiers sont redevenues saines?
Cela va mieux par rapport à septembre, c'est toujours plus compliqué qu'il y a un an. Mais aujourd'hui 48% des dirigeants de PME repoussent leurs demandes de crédits et leurs investissements.
Que leur conseillez-vous?
D'aller dans l'innovation et préparer l'après-crise. Il faut voir comment financer de l'innovation et de l'intelligence pour y arriver quand ça repart. Aujourd'hui, quand vous avez un bon business plan, vous trouvez les crédits. Il faut avoir l'envie d'y aller. Car si c'était une crise financière, c'est aujourd'hui clairement une crise de confiance.
Cette crise va-t-elle modifier le capitalisme?
Dans quelques mois, on en sortira plus fort si l'on retient les erreurs. Nos PME, n'ont pas assez de fonds propres. Il faut favoriser la remontée de l'argent en salaires et investissements directs pour être plus solides.
Et puis en France il faut arriver à modifier l'état d'esprit des entrepreneurs qui n'ont pas envie de franchir les seuils de 10 et 50 salariés. Ce cap c'est 34 obligations supplémentaires et un surcoût de 4,5% de la masse salariale. Il faudrait lisser ces étapes au niveau social. Cela éviterait que des entrepreneurs aient plusieurs entreprises de moins de cinquante salariés.

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