Ces PME qui prennent la roue

Ces PME qui prennent la roue

Malgré une baisse de 4,5% en France en 2009, le marché du cycle, des équipements et accessoires pour cycle semble promis à un bel avenir.

En lançant en 2003 Probikeshop.fr, un site de ventes en ligne de pièces détachées de vélo moyen et haut-de-gamme, Olivier Rochon a eu le nez fin. «En tant que consommateur et passionné de vélo, je ne trouvais pas de site français. L'offre était inexistantesur internet», explique le dirigeant de Dolphin France à Sorbiers. Cinq ans plus tard, le succès est au rendez-vous. «On va terminer l'exercice 2009-2010 à plus de 7M€ contre 4,8M€ l'année précédente. L'an prochain, on espère atteindre les 12M€», confie-t-il. S'il s'agit là d'une niche qui «surfe sur une mutation du marché du vélo», Olivier Rochon n'est pas le seul à envisager sereinement l'avenir. À Saint-Marcellin-en-Forez, la société Altinnova a elle aussi su prendre la roue au bon moment. Spécialisée à l'origine dans la fabrication de station de lavage, gonflage et réparation en libre-service pour les cyclistes, la PME ligérienne a élargi son offre «au fil des demandes de ses clients», explique la dirigeante Corinne Verdier. Stationnement vélo compact, doubles étages et design, abris de vélo sécurisés avec système de contrôle par badge... Altinnova a su trouver les relais de croissance pour passer de 450.000€ de CA en 2008 à 1,5M€ en 2009. Une croissance qu'elle doit aussi à son partenariat avec la société Smoove. «On réalise pour eux l'ensemble du mobilier urbain de leurs vélos en libre-service», explique Corinne Verdier. Un marché en pleine expansion, puisqu'après avoir équipé les villes de Montpellier, Avigon et Valence, Altinnova s'est occupée dernièrement du VéliVert stéphanois.




Boom du VLS et cercle vertueux

Basée à Saint-Romain-le-Puy, la société Olympique Cycles fait également parti des partenaires locaux de Smoove sur le VéliVert. «On réalise l'assemblage des vélos», précise Guy Carron. Pour le dirigeant de la PME ligérienne, la vélocation est un marché porteur. «On a déjà fait le VéloStas et d'autres vélos de location longue durée à Bordeaux, Strasbourg et récemment en Belgique. C'est un marché qui prend de plus en plus d'importance et qui représente aujourd'hui 20% de notre chiffre d'affaires vélo», argumente-t-il. Et d'ajouter: «ça roule pour nous! Notre chiffre d'affaires progresse de 10% par an depuis trois ans. Cette année, on table même sur une croissance entre 15 et 20%». Site de production des Cycles Lapierre (Dijon), les Cycles France Loire (ex-Mercier) connaissent bien ce marché de la vélocation. Et pour cause, l'usine d'Andrézieux-Bouthéon fabrique et assemble la quasi-totalité des vélos en libre-service du groupe JC Decaux. Précurseur en France avec le Vélo'V à Lyon ou encore le Véli'B à Paris, JC Décaux est aujourd'hui le nº1 mondial du vélo en libre-service (VLS) adossé au marché du mobilier urbain. Un marché qui selon Albert Asseraf, directeur général statistique, études et marketing chez JC Décaux, devrait continuer de croître dans les années à venir. «Le VLS a vocation à se développer dans toutes les grandes métropoles. Toutes les études montrent que les gens souhaitent avoir un maximum de moyen de déplacements pour ensuite arbitrer en fonction du temps et de leur envie». Et d'ajouter: «Et puis le VLS est un mode de transport structurant. Dès qu'on lance un VLS dans une ville, la pratique du vélo s'accélère. C'est un cercle vertueux». Un cercle vertueux dont le fabricant d'équipements de cycles stéphanois Stronglight espère bien bénéficier à terme. «On a fourni les gardes boues des VéliVert. Ce n'est pas un marché significatif, mais il est important pour nous de nous positionner comme un acteur sur tous les segments de marché. Et puis le VLS c'est une nouvelle forme de vélo de ville qui favorise la pratique du vélo. Or, tout ce qui est bon pour le vélo, finit forcément par être bon pour le business de nos clients et par conséquent bon pour nous aussi», conclut Bruno Dereux, dirigeant de Stronglight.