Centile renforce ses positions à l'export. Spécialisée dans l'édition de solutions de téléphonie d'entreprise fixes et mobiles, la société sophipolitaine vient de pénétrer trois nouveaux marchés, au Canada, au Brésil et en Indonésie, et s'ouvre de nouveaux horizons après une longue période de turbulences.Fondée en 1998, la PME revient de loin. Victime de l'éclatement de la bulle internet, elle est placée en redressement judiciaire en 2007. Rachetée par le groupe américain ViaOne, l'entreprise, alors centre de R & D, tarde à accélérer son développement commercial faute de relais financier. En attendant des jours meilleurs, Centile fait le dos rond et s'attache à « survivre en réduisant la voilure et en signant quelques clients de manière opportuniste », se souvient son directeur général, Bertrand Pourcelot. L'arrivée en 2010 du fonds américain MVC Capital change la donne. La société fait évoluer sa plateforme de communications unifiées Istra vers les offres mobiles, et s'appuie sur un modèle économique récurrent, basé sur l'usage. « Nous sommes sortis du modèle traditionnel en vigueur en proposant une solution de partage des risques avec les opérateurs qui n'ont donc plus d'investissement initial important à réaliser. La nature du contrat nous incite à travailler main dans la main, nos revenus dépendant du nombre d'abonnés de nos clients. » Un positionnement stratégique qui, pour Bertrand Pourcelot, a permis à l'entreprise « de pénétrer de nouveaux marchés à l'export où nous réalisons 60 % de notre chiffre d'affaires. »
L'Eldorado indonésien
Au total, Centile revendique un portefeuille clients d'une cinquantaine d'opérateurs intégrateurs, regroupant plus de 500.000 utilisateurs en Europe. Parmi eux, beaucoup d'acteurs alternatifs comme les Français Bretagne Telecom, Nexto ou encore Jaguar Network, et quelques grands comptes internationaux dont Elisa, le premier opérateur mobile finlandais avec 100.000 abonnés utilisateurs de la plateforme Istra et de fortes perspectives de croissance : l'opérateur cible 300.000 nouveaux clients dans les prochaines années. Une référence que Centile cherche à répliquer en France mais aussi en Asie, « territoire très prometteur qui nécessite l'introduction d'une rupture technologique, du fait d'infrastructures fixes limitées. » Le contrat signé cet été avec le plus gros opérateur indonésien, Indosat, cristallise donc de nombreux espoirs. « Indosat représente plusieurs millions d'utilisateurs potentiels. Une fois atteint son rythme de croisière, ce projet devrait dépasser le million d'euros de chiffre d'affaires annuel », avance Bertrand Pourcelot.
Profitable depuis 2013
Avec un chiffre d'affaires 2013 s'établissant à 3,5 M€, contre 2,6 M€ en 2012, l'éditeur annonce avoir dépassé son seuil de rentabilité. « Centile entre dans une phase charnière : la transition entre le centre de R & D que nous étions et la structure commerciale que nous sommes devenus est opérée, de nouveaux marchés ont été pénétrés, la clé aujourd'hui est de bien gérer la croissance », conclut le dirigeant qui n'exclut toutefois pas la possibilité de réaliser une première opération de croissance externe. En attendant, l'entreprise table sur une nouvelle progression de ses facturations de 30 % en 2014.
Centile
(Sophia Antipolis)Président : Gary KaniaCA 2013 : 3,5 M€30 personnesTél. : 04 97 23 12 @email