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Cenntro Motors : Une renaissance en douceur
Lyon # Industrie

Cenntro Motors : Une renaissance en douceur

AUTOMOBILE. Deux mois après la reprise de SITL par le groupe Cenntro Motors, Didier Verriest, son CEO, livre son plan de charge. Quelle est sa stratégie, quelles sont ses difficultés, pourquoi la production n'a-t-elle pas encore redémarré ? Voici ses réponses.

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a reprise de cette usine fut un véritable coup de théâtre, avec un mail envoyé dans les dernières heures à l'administrateur judiciaire. Êtes-vous à l'origine de ce rebondissement ?

À l'époque je travaillais pour Green tech automotive et cherchais pour leur compte un distributeur en Europe. À Lyon, la chambre de commerce m'a présenté Jacques de Chilly, directeur de l'Aderly, en charge de promouvoir le territoire auprès des investisseurs étrangers. Lorsqu'il m'a parlé de cette usine, j'ai estimé que l'occasion était trop belle, j'ai donc proposé à Green tech de la saisir, mais ce n'était pas le bon moment pour eux. J'ai alors pris contact avec Cenntro ; je savais qu'ils étaient à la recherche d'une base pour se développer en Europe. Ils m'ont dit "Banco, mais avec toi". J'ai quitté Green tech et me voilà à la tête de la stratégie et des achats pour le groupe en France, mais aussi aux États-Unis et en Chine.


Dans quel état se trouve l'usine ?

Il s'agit d'un ancien centre de production de machines à laver, qui accueille des plateformes d'assemblage de véhicules utilitaires électriques. Tout l'enjeu aujourd'hui est de faire l'état des lieux de l'appareil productif, d'analyser les nomenclatures de Citelec, le véhicule qui était produit ici, de voir comment on peut relancer le plus vite possible sa production.


Quel est le planning ?

L'urgence pour moi est de procéder à cette "due diligence" de façon méticuleuse. Je suis incapable de vous donner aujourd'hui le coût de production de Citelec. Or, il faudra bien le connaître pour déterminer notre produit. L'erreur de mon prédécesseur a sans doute été de lancer ce travail marketing trop tard. Nous cherchons à définir notre positionnement par rapport à nos dix concurrents majeurs. Les équipes américaines sont arrivées mi-juillet pour nous y aider. Pour cela, quinze personnes du marketing travaillent, étudient le marché, définissent ce qu'attendent les consommateurs, à quel prix et pour quel usage et ensuite seulement nous ferons travailler le bureau d'études en fonction des prescriptions : le prix de vente, le prix de production, le niveau de marge attendu. Demain notre véhicule utilitaire pourra ramasser les feuilles, changer les ampoules de lampadaires des villes, effectuer la livraison du dernier kilomètre...


Cenntro a réclamé la prise en charge de la formation de 145 salariés. Leur formation a-t-elle démarré ?

Non je n'ai pas eu le temps de m'en occuper.


Les salariés s'inquiètent de ne pas voir la production démarrer.

Il faut d'abord vider l'usine. Certes, nous disposons d'un stock de pièces qui nous permettrait de commencer dès maintenant. Mais je souhaite partir sur des bases saines, mesurer les pièces, s'assurer de leur qualité, de leur cote. Nous ne redémarrerons pas avant l'automne. Et puis nous devons mener en parallèle un énorme travail pour débarrasser l'usine d'une ligne de peinture, invendable, calibrée pour traiter 800.000 machines à laver. Des ferrailleurs pourraient être intéressés, mais tout démanteler prendra du temps. Nous sommes également encombrés par des carcasses de machines à laver qui occupent la majorité de la surface de production. C'est au liquidateur de demander à Fagor-Brandt ou Cevital de reprendre cette marchandise.


À terme, quel volume de production visez-vous ?

Avec vingt personnes sur les lignes d'assemblage, nous pourrions assez vite sortir quinze véhicules par jour, pour monter progressivement en puissance et atteindre 3.000 ou 4.000 par an. Et nous allons développer la production de batteries électriques pour notre propre usage mais aussi pour les clients B to B. Et puis nous relancerons la production de vélos électriques et scooters. Ceux de SITL, destinés à une clientèle d'adolescents, n'ont pas le design susceptible de leur plaire ; nous allons retravailler tout ça. Côté distributeurs enfin, nous recevons des appels entrants, mais tant que nous n'avons rien à vendre, je décline.


Le chiffre d'affaires attendu ?

En rythme de croisière, je pense que nous atteindrons 40 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel.




Ce redémarrage passe par des investissements auxquels le groupe Cenntro s'était engagé. De quelle sorte et pour quel montant ?

Je ne souhaite pas répondre à cette question.




Comment managez-vous vos équipes ?

En tant que vice-président stratégie et achat pour la France, la Chine et les États-Unis, je suis très occupé, mais je discute beaucoup. La communication est essentielle dans ma stratégie managériale.

Cenntro Motors



(Lyon) Président Europe : Didier Verriest 90 salariés CA 2013 : néant 04 72 72 52 52


http://cenntromotors.com

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