CCI Métropolitaine : André Mounier : "Notre déficit de fonctionnement provient essentiellement de la baisse de la ressource fiscale"

CCI Métropolitaine : André Mounier : "Notre déficit de fonctionnement provient essentiellement de la baisse de la ressource fiscale"

Irrité par notre récent billet d'humeur et par les accusations de sources anonymes qui pointent du doigt l'action de CCI Formation, le président de la CCI de Saint-Etienne/Montbrison, André Mounier a tenu à rétablir quelques vérités. Entretien.

Vous avez tenu à réagir à mon billet d’humeur « CCI Métropolitaine. Les têtes tombent ! » Pourquoi ?

Pour rétablir la vérité par rapport aux propos tenus par votre source anonyme, et certainement beaucoup trop de sources anonymes qui ont nui au développement et à la croissance de notre centre de formation - ce qui ne s’est jamais produit dans les autres territoires et de la région et sur la plan national - et dont ils auraient pu être ambassadeurs, utilisateurs et développeurs, ce qui malheureusement n’a jamais été le cas.

Lorsque vous évoquez un déficit de 900.000 €, il s’agit d’un déficit de fonctionnement et non d’un déficit global. Le résultat de la CCI de Saint-Etienne sur l’exercice 2015 est de + 1.433.796 €. Le primitif 2016 serait lui à – 117.000 €. Pour être tout à fait transparent, la ressource fiscale était à 6,9 M€ en 2014, on perd 1 M€ en 2015, donc vous voyez bien que notre déficit de fonctionnement provient essentiellement de cette baisse de la ressource fiscale. Il ne faut pas oublier non plus que la fusion de notre ESC avec l’EM Lyon a coûté très chère et que nous continuons jusqu’en 2019 à verser 500.000 € d’accompagnement.

Concernant notre aéroport, notre contribution était aux alentours voire même supérieure à 500.000 € par an. Les choses sont désormais un peu différentes car dans le cadre d’un accord du Syndicat mixte nous avons obtenu la diminution de notre participation de 22 % à 15 %, soit 7 %, ce qui représente une économie d’environ 150.000 €. On peut aussi évoquer notre quote-part à la CCIR sur la mutualisation de la DSI (direction des services informatiques) qui nous coûte 338.000 €/an. Tout ça vient abonder le déficit de fonctionnement de notre établissement, et j’ajouterai bien entendu nos différentes contributions au CFA des Mouliniers.




Ce n’est donc pas CCI Formation qui pèse pour moitié dans le déficit de fonctionnement de votre CCI ?
Certainement pas ! CCI Formation c’est - 100.000 € en sur le budget 2015 et un résultat positif de 150.000 € sur le budget primitif 2016. Votre interlocuteur évoque par ailleurs le fait que la CCI viendrait prendre des parts de marché aux organismes de formation privés. Là aussi, je tiens à rappeler que la formation a d’abord été créée par le réseau consulaire, qui est aujourd’hui le second acteur de la formation en France derrière l’Education Nationale. Avant que les autres acteurs de la formation ne vendent de la formation, ce sont les CCI qui le faisaient. En réalité, ce sont donc les CCI qui ont été dépouillées. Ce n’est pas le contraire. Il ne faut pas l’oublier ! J’ai donc été choqué par ce discours d’un autre temps. C’est comme si l’on remettait en cause la grande distribution et la petite distribution de proximité. Ce sont des discours dépassés. A Saint-Etienne, on a toujours été limité dans nos développements sur le volet formation et la personne que vous avez rencontrée fait partie de ces interlocuteurs qui se sont toujours opposés à ce que la formation se développe dans les réseaux consulaires.




Comment expliquez-vous ça ? Il y a une pression des autres acteurs de la formation ?
Tout le monde fait de la formation continue : les organisations patronales, les branches professionnelles, les universités, les écoles privées, etc... Il y a donc de multiples acteurs sur le domaine de la formation. Lorsque les CCI bénéficiaient de la ressource fiscale, le contribuable entreprise pouvait effectivement trouver anormal qu’une petite partie de son impôt serve à combler le déficit de la formation. Aujourd’hui c’est fini ! La loi impose que la ressource fiscale ne serve pas les centres de formation, initiale ou continue, sauf pour les missions régaliennes imposées par l’Etat : emploi, accompagnement à l’emploi, voire création d’entreprise. Bref, les CCI ont désormais des clients et doivent aller vendre, ce qui est tout à fait naturel car la baisse de la ressource fiscale nous conduit à trouver des ressources nouvelles. Avant, on parlait de ressortissant.




Mais est-ce vraiment la vocation des CCI de faire de la formation ?
C’est un de nos métiers. La première chambre créée en 1599 à Marseille était à l’origine un centre de langues. La formation est le métier d’accompagnement de nos entreprises. Si les autres acteurs de la Formation, et en particulier les branches professionnelles s’étaient limitées à des formations professionnelles et techniques, c’est-à-dire de métiers, peut-être que l’on ne trouverait pas les mêmes discours aujourd’hui. Or, qu’ont-ils fait ? Ils ont développé des formations tertiaires qui étaient réservées aux chambres et sont venus eux-mêmes nous concurrencer. Alors que les réseaux consulaires ont continué le développement de leurs formations (informatique, RH, management, centre de langues). On fait notre job ! On n’a pas à nous remettre en cause là-dessus. Dans une économie mondialisée, on ne va pas reprocher à une CCI de faire un peu de formation sur son territoire alors que cela rentre dans ses prérogatives.




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