CCI de Rhône-Alpes : Plus d'une centaine de postes supprimés
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CCI de Rhône-Alpes : Plus d'une centaine de postes supprimés

Avec une prévision de baisse de 37% de leurs recettes d'ici 2017, les CCI de la région sont contraintes d'adapter leurs dépenses. Pour la plupart d'entre elles, la masse salariale est une variable d'ajustement incontournable. Pour l'instant, la suppression d'une centaine d'emplois est confirmée.

Selon les estimations de la direction des ressources humaines de la CCIR Rhône-Alpes, une centaine de postes consulaires seraient concernés pour l'instant, en Rhône-Alpes, par les mesures d'économies mises en place pour faire face à la baisse des recettes. Parmi les personnels les plus touchés : les salariés des CCI de Grenoble (48 suppressions de postes pour 37 licenciements sur un total de 745 salariés y compris GEM, GREX et IMT ; 88 M€ de budget annuel dont 75M€ pour la formation), de Lyon (35 suppressions de postes pour 350 collaborateurs au global ; 41 M€ de budget de fonctionnement), d'Annecy (15 postes pour un total de pour un budget global de 11 M€). Les chiffres devraient encore grimper dans les prochaines semaines puisque la Chambre de Saint-Étienne n'a pas encore chiffré son plan social mais a d'ores et déjà annoncé qu'elle serait obligée d'en passer par là. Idem pour la Drôme. Tous les présidents justifient ces décisions par les restrictions budgétaires.




Des recettes en baisse de 37 %

« Ca ressemble à un assassinat », s'indignait ainsi le mois dernier, dans nos colonnes, l'ex-président de la CCI de Lyon (lire page 8), Emmanuel Imberton. Guy Métral, le président de la CCI de Haute-Savoie, ne décolère pas lui non plus : « Les ressources de la CCI de Haute-Savoie ont déjà été amputées de 431.000€ en 2014. Elles vont subir une nouvelle baisse en 2015 de 363.000€. Il y aura forcément un impact sur la pérennité des services aux entreprises et sur nos investissements. Sachant que 60 % de notre budget est consacré à la masse salariale, cela implique malheureusement des impacts sur le plan humain. C'est très dur pour l'ensemble des collaborateurs et des élus mais nous n'avons plus le choix... ». Face à la chute drastique de leurs recettes, les chambres de commerce rhônalpines affirment ainsi se trouver dans l'obligation d'ajuster leurs charges salariales. Au-delà de ce plan d'économies effectuées sur la masse salariale, les CCI rhônalpines envisagent de rogner sur d'autres dépenses. À Lyon, par exemple, la CCI ne pourra pas conserver le Musée des Tissus, excessivement déficitaire et devra revoir sa copie concernant les subventions allouées EMLyon et à l'Ecole de chimie. À Annecy, Guy Métral et ses élus ont pris la décision d'abandonner certains services aux entreprises comme les prestations d'accompagnement en matière d'accessibilité et de qualité, la suppression de l'Observatoire de la création, l'arrêt de Haute-Savoie Ecobiz. André Mounier, président de la CCI de Saint-Étienne, veut lui aussi lancer une réflexion sur les métiers à conserver au sein de la Chambre et ceux qui sortent du cadre strict des missions consulaires.




Des réponses pragmatiques

Cette cure d'amaigrissement brutale du réseau consulaire, imposée par Bercy, amène les chambres territoriales à se repositionner, et à redéfinir leurs priorités. Face à l'obligation de moins dépenser, elles doivent repenser leur organisation et chercher d'autres sources de financement, en développant de nouveaux services. « Les ventes de prestation de qualité répondent aux besoins de réactivité et de disponibilité auprès des entreprises. C'est un enjeu important », confirme Jean Vaylet, président de la CCI de Grenoble. À Lyon, et sur le bassin métropolitain, trois chambres ont décidé d'unir leurs forces pour résister. Le 24 novembre dernier, les assemblées générales des chambres de Lyon, Saint-Étienne et Roanne validaient à l'unanimité la fusion de leurs trois organisations au sein d'une seule CCI métropolitaine. Une super CCI qui devrait voir le jour début 2016, avec peut-être deux autres chambres actuellement en ballottage (Villefranche et Nord Isère). « La régionalisation n'a pas eu encore les effets escomptés en terme d'économies. Il faut aller plus loin, dans le cadre de l'organisation régionale bien entendu », a ainsi insisté André Mounier, en préambule du vote du 24 novembre. Dans le même préambule, Emmanuel Imberton a promis : « Nous organiserons et répartirons mieux nos expertises pour être plus efficaces pour nos entreprises mais dans un cadre financier soutenable ».

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