Menée entre le 22 février et le 7 mars 2016 auprès de 615 entreprises du ressort de la CCI Caen Normandie ainsi que des zones de Deauville et Trouville (90% d'entreprises de - de 10 salariés), l'étude montre un "bilan mitigé", explique le président de la CCI Michel Collin. "La moitié des dirigeants interrogés pense que la situation générale va se dégrader, même s'ils sont moins pessimistes lorsqu'il s'agit d'évoquer leur propre entreprise".
"Sans investissements, pas de redémarrage économique"
Le plus préoccupant, estime l'élu consulaire, "c'est le faible niveau des investissements. Et sans investissements, pas de redémarrage de l'économie!", prévient MIchel Collin. Seul le secteur du tourisme semble échapper à la règle, porté par une conjoncture nettement plus favorable après des saisons 2014 et même 2015 de bonne facture. "Et 2016 ne sera pas une mauvaise saison", anticipe le président de la CCI.
Sentiment d'instabilité
Si l'emploi ne décroche pas, les carnets de commandes, eux, inquiètent. Les entreprises interrogées témoignent pour 70% d'entre elles d'une visibilité inférieure à trois mois qui accentue le sentiment d'instabilité, relève l'étude.
Un code du travail qui décourage les PME
Quant au contexte politique... "Le gouvernement essaye de s'adapter, de moderniser un code du travail décourageant pour les PME...et face à cela on voit une France qui a peur, qui recule", regrette Michel Collin. Quoi qu'il en soit, "le signal n'est pas très bon pour les entreprises". L'élu fait un constat identique s'agissant de l'apprentissage, promu grande cause nationale par le candidat François Hollande lors de la campagne de 2012 et qui peine aujourd'hui plus qu'hier à séduire les jeunes. "Dans le bâtiment, on assiste à un recul de l'ordre de -40% sur trois ans. Et dans le même temps, souligne-t-il, on empêche les entreprises de recruter des jeunes de 16 ans. C'est incompréhensible!"
Grenelle de l'apprentissage? "Les intentions sont bonnes"
Sur le Grenelle de l'apprentissage lancé par le nouveau président de région Hervé Morin (UDI), Michel Collin préfère rester prudent. "On verra si cela se traduit par un appui financier, l'ouverture de nouvelles sections...mais les intentions sont bonnes", note-t-il.
Au final, 50% des entreprises interrogées imaginent que la situation va se dégrader, et les trois quarts d'entre elles envisagent soit une stagnation, soit une diminution de leur chiffre d'affaires dans les mois à venir.