Castel : Romance à l'italienne pour l'industriel saumurois
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Castel : Romance à l'italienne pour l'industriel saumurois

Industriel français de l'interphonie professionnelle, Castel vient d'être cédé à FDI Matelec, filiale de l'Italien Urmet. La PME saumuroise rejoint un groupe à la surface financière aussi large que solide pour continuer de croître régulièrement. Thomas Giraudet

Le pouvoir de séduction des Italiens a encore fonctionné. Avec deux lettres d'intention en main à la fin de l'année 2009, Olivier Goyeau s'est laissé convaincre par le transalpin Urmet pour la reprise de son entreprise. Castel, spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de systèmes d'interphonie professionnelle, est dorénavant détenu à 56% par l'un des leaders mondiaux de la domotique, de la sécurité et des systèmes intégrés.




Structuration financière

Au sein de la soixantaine de filiales mondiales d'Urmet (300M€ de Ca; 2.700 salariés, Castel va être intégrée à sa voisine vendéenne FDI Matelec, elle-même filiale d'Urmet France. Ce dernier est dorénavant un groupe composé de quatre sociétés (FDI Matelec, Castel, Urmet France Captiv et SCS Sentinel), pesant 50M€ de chiffre d'affaires et comptant 225 salariés. «Je voulais assurer la pérennité de l'entreprise tout en détenant une minorité de blocage. Ce rachat structure l'entreprise financièrement et va permettre de créer des synergies», avoue Olivier Goyeau, 56 ans et P-dg depuis 1995. Avec cette acquisition, FDI/Urmet s'octroie une compétence supplémentaire en interphonie professionnelle. «L'objectif est de constituer un partenariat fort afin de développer des synergies entre Castel, FDI Matelec et Urmet France Captiv. Mais aussi d'apporter au groupe Urmet un complément de gamme spécialisée dans le domaine de l'interphonie tertiaire et de renforcer son positionnement de fabricant spécialiste incontournable du courant faible», indique ainsi l'acquéreur dans un communiqué de presse. Castel officie en effet sur une niche d'activité très spécialisée qui compte moins d'une dizaine d'intervenants en France. La PME saumuroise, qui se présente comme le seul industriel français du secteur, développe des solutions de communication innovantes pour tous les portiers téléphoniques et les systèmes de communications des bureaux, des bâtiments industriels, des centres commerciaux, des gares, des péages, des parkings souterrains, des musées, des monuments, des hôtels, des établissements scolaires et même des prisons. Installateurs intégrateurs, installateurs de téléphonie et les entreprises spécialisées dans la sécurité représentent une partie des clients. Contrôle d'accès du terminal depuis un téléphone, vidéo, commandes à distance, les produits de Castel suivent les changements d'évolution technologique et notamment des besoins en interactivité. La prochaine étape sera certainement la connexion à distance par vidéo sur un téléphone mobile. Toutes les pièces en petites séries, de l'exemplaire unique à quelques milliers par mois, sont assemblées dans le Maine-et-Loire dans l'usine de 2.000m².




À l'assaut des marchés européens

Castel affiche une croissance annuelle de l'ordre de 10% depuis la reprise il y a 15 ans d'ATT tandis que le dernier résultat net s'affichait à 10%. «Nous demeurons prudents car nous intervenons sur des secteurs d'activité, comme le bâtiment, qui ont beaucoup souffert.» Mais avec la ferme intention tout de même de poursuivre la tendance positive. Avec six agences régionales (Saumur, Paris, Lille, Lyon, Rennes, Bordeaux et Marseille) en France, l'objectif est en effet de capitaliser sur ce maillage efficient et sur les références existantes (La Tour Eiffel, Cofiroute, Vinci Park, Air France, Thalès...). Mais aussi et surtout de répondre aux nouveaux entrants sur le marché hexagonal. Pour cela, le dirigeant entend bénéficier des complémentarités techniques avec les autres entités du groupe et des canaux de distribution hors de France. L'Europe limitrophe et le Maghreb sont les zones sur lesquelles Castel a décidé d'augmenter son léger pourcentage à l'export (5%). «On a décidé d'agresser les concurrents chez eux!», conclut Olivier Goyeau.

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