La branche vin est-elle touchée par la crise mondiale?
Nous avons connu une fin d'année 2008 difficile. Certains mois, notre activité vin a été en retrait de 20% à 30%. Ce sont surtout les marchés export qui ont été touchés: l'Angleterre, les États-Unis, la Russie. D'autres pays subissent moins la crise comme la France, l'Afrique et l'Asie. À l'inverse, en Chine, nous allons doubler nos ventes en 2009. Après avoir assaini leurs stocks et leurs activités, les clients export s'appuient sur des fournisseurs solides qui leur assurent les meilleurs services possibles. Là, des opportunités de marchés peuvent s'offrir à nous.
Le chiffre d'affaires de la branche vin est en légère baisse. Comment l'expliquez-vous?
Cela s'explique par la revente en 2008 de nos magasins cavistes Oddbins en Angleterre. Nous souhaitons à l'avenir nous recentrer sur des activités saines et rentables, Oddbins ne l'était pas. Mais à univers comparable, notre CA branche vin progresse de 12% (hors réseau de distribution spécialisé de cavistes).
Comment se porte l'export?
L'export qui représente 22% du CA, est réalisé pour majorité en Europe: Grande-Bretagne, Pays-Bas, Allemagne. Mais cette tendance pourrait s'inverser en 2009. Le marché chinois est en forte progression. Depuis trois ans, nous doublons les volumes chaque année. En 2009, la Chine pourrait passer devant la Grande-Bretagne et être notre premier marché à l'export avec 12M de bouteilles commercialisées.
Quels sont les projets de développement dans la branche vin?
Nous capitalisons sur des activités où des marchés supplémentaires existent, où nous pouvons gagner des parts de marché. L'acquisition cet été de la maison Selles, acteur important en Beaujolais, Côtes-du-Rhône et Bourgogne en est un exemple. Selles a des marchés et des outils spécialisés dans ces régions avec des marques réservées, marques de distributions et même des partenariats avec des châteaux. Leur capacité à l'export est un potentiel supplémentaire qui correspond à notre stratégie de développement dans la branche vin. Leurs compétences sont en adéquation avec notre volonté de développer des marques de distributeurs (MDD) et des marques réservées en France et à l'étranger. Cet achat s'inscrit dans la complémentarité de la reprise d'Oenoalliance, autre spécialiste régional en MDD et châteaux dans toutes les appellations de Bordeaux. Elle permet aussi d'offrir une gamme complète de vins sélectionnés.
Le groupe va également se lancer sur le marché de l'huile d'olive. Pourquoi?
Au Maroc, nous bénéficions de terroirs exceptionnels pour nos vins. Mais également pour faire pousser des oliviers. Il nous restait quelques centaines d'hectares disponibles. Nous avons planté il y a deux ans sur Meknès 1million d'oliviers. Nous débuterons la commercialisation en 2010 localement dans un premier temps et pourquoi pas après en France ou ailleurs.
1er producteur de vins français avec 559M de cols produits en 2008, la branche vin du groupe Castel a réalisé en 2008 un chiffre d'affaires de 933M€.