Le microcosme numérique angevin s'agite en ce printemps 2012. Sur un bassin économique recensant une centaine d'entreprises concernées de près ou de loin par le numérique, deux associations ont été créées en moins d'un an pour rassembler les forces de vives du secteur. Alors que Nantes et Tours ne possèdent qu'une structure dédiée... Le premier projet déclaré, c'est celui porté par Maine Labs depuis un an. L'association regrouperait déjà une soixantaine de membres et s'adresse à tout public. La structure bénéficiera en juin d'un espace au sein de l'ancienne maison du tramway, place Imbach, au centre-ville d'Angers, mise à disposition par la mairie. «L'objectif est de faire naître des projets innovants entre les acteurs du numérique qu'ils soient des entreprises, des indépendants, des auto-entrepreneurs, des citoyens, en leur proposant un lieu de rencontres et de travail. C'est ouvert à tout public sans arrière-pensée», déclare Yannick Sourisseau, secrétaire de Maine Labs, et fondateur du média en ligne Angers Mag Info. Sept thématiques sur la citoyenneté, l'éducation, l'innovation, la création musicale, etc ont été initiées.
Lieu et gouvernance en jeu
Tout semblait ficeler pour que cette initiative postule ensuite au label Cantine Numérique, décernée par l'association parisienne Silicon Sentier. Mais le scénario n'est plus aussi lisible depuis l'entrée en lice d'Angers Numérique. Présidé par Mickaël Esnault, actionnaire de 9 sociétés angevines toutes liées au web, ce réseau s'est lancé avec peu ou prou les mêmes ambitions honorables que Maine Labs estimant que Maine Labs n'allait pas assez vite. «Je préfère la médiation à l'affrontement, tempère Yannick Sourisseau, secrétaire général. De nôtre côté, on n'a rien à vendre mais cette initiative d'Angers Numérique risque de semer de la confusion. Les gens vont se demander vers qui se tourner.» «Toutes les initiatives sont bonnes, on ne va pas se plaindre, répond François Rey de Vaucourt, animateur d'Angers Numérique. On semble plus tourner vers les professionnels et le marché de l'emploi. De notre côté, les chefs d'entreprise du numérique à Angers ont fait le constat qu'ils avaient une vraie problématique de recrutement par rapport à Nantes ou Paris alors que nous avons de belles entreprises et écoles. On a une vraie raison d'exister avec des adhérents qui sont là pour accélérer le développement de projets innovants.» Cette concurrence des deux associations n'est pas viable à terme. Les acteurs eux-mêmes le savent, sans l'avouer officiellement en se rangeant derrière une pseudo-complémentarité. Sur fond de bataille d'ego, de financement privé contre public, d'obtention du label cantine numérique, de lieu, cette guéguerre microlocale pourrait bien desservir les utilisateurs, si rien n'est entrepris pour mutualiser les structures.
Car au final il n'en restera qu'une. Dès cet été? La Ville pourrait jouer les médiateurs. Pour l'instant, elle préfère regarder.
Alors que Le Mans construit son projet, deux cantines numériques voient le jour à Angers, en même temps. Est-ce bien réaliste ?