« Faire savoir que nous sommes là. » Tel était le but de l'opération du mois dernier, visant à faire découvrir l'usine Canon, à Liffré, à 65 clients ou futurs clients. Canon Bretagne (650 salariés, 240 millions d'euros de CA) travaillait, jusqu'à il y a peu, exclusivement pour sa maison mère Canon Inc. en remplissage de cartouches toner ou de bouteilles d'encre. À cette activité interne se sont greffées des prestations de sous-traitance industrielle pour des tiers, depuis une dizaine d'années. Il a fallu en effet compenser la baisse d'activité liée à l'abandon de l'assemblage de copieurs.
Passer de 15 à 30 % de sous-traitance
Cette ouverture à des clients extérieurs est une première chez Canon Bretagne. Aujourd'hui, 15 % de son chiffre d'affaires provient de cette sous-traitance. En augmentation de 24 % entre 2013 et 2014 et sans doute encore + 25 % cette année. « Et c'est une part qui devrait augmenter, pour atteindre les 30 % dans trois à quatre ans », indique Gilles Flaux, en charge du développement des affaires.
Un savoir-faire et une réputation
Les nouveaux clients de Canon viennent surtout chercher ici de la qualité et du savoir-faire. Le site breton applique en effet les méthodes japonaises réputées qui permettent d'augmenter significativement la productivité et la rendre flexible : Kanban ou encore Ninjacell, consistant à changer en deux minutes un îlot pour fabriquer un nouveau produit. L'usine de Liffré conçoit aussi ses propres outils, dont peuvent également disposer ses clients.
De nouveaux investissements Un futur partenaire de l'usine bretonne, spécialisé dans la médecine, déclarait même au cours de ces portes ouvertes être venu pour « le coût et la possibilité de produire des volumes importants. » Canon maintient en effet son outil industriel breton au top, grâce à des investissements dont bénéficie aussi sa clientèle. L'arrivée récente de la « cobotique », pour le collage et le résinage robotisés contribue à cette productivité. Elle permet, en outre, de limiter les risques d'expositions des ouvriers. L'installation de plusieurs imprimantes 3D fait également partie des investissements importants qui pourraient plaire aux nouveaux clients. Le site de Liffré réunit toute une chaîne de valeurs. Après la phase de conception au bureau d'étude, suit la phase de prototypage et enfin la production, jusqu'à la logistique au client final. L'entreprise possède depuis quelques années la certification OEA, utile pour les barrières douanières internationales.
Jusqu'au SAV
Canon Bretagne peut même assurer le recyclage des matières, et même le SAV et, en amont, la prise de rendez-vous pour des commerciaux. « Nous avons mis en place cette année une plateforme de téléprospection de 14 personnes. » La méthode porte ses fruits : elle a permis l'obtention de 800 rendez-vous en quelques mois. La nouvelle méthode de SAV de l'entreprise consiste à réaliser les mêmes gestes sur la machine que le client au téléphone. Ce qui permet, selon l'entreprise, de diminuer de 30 % le nombre d'interventions.
Déjà des clients séduits
Tous ces arguments ont déjà fait mouche auprès de plusieurs clients extérieurs à l'entreprise. Dans les ateliers, on trouve différents produits très diversifiés : une station de recharge de téléphones portables en cours de déploiement à Paris, des équipements dédiés à la santé, comme ce robot d'analyses sanguines, des supports lumineux pour une marque de caves à vins...
G.B. et E.D.
électronique À Liffré, la seule usine européenne de Canon Inc. développe la sous-traitance pour des clients extérieurs. Pour défendre ses atouts, le site industriel leur a dédié pour la première fois une journée, le mois dernier. Objectif : passer de 15 à 30 % cette part de partenariats.