La conjoncture se dégrade en Nouvelle-Aquitaine. En juillet, l'économie régionale a été pénalisée par la combinaison des fortes chaleurs et des incendies, au point d'afficher une situation moins favorable que celle observée au niveau national, constate la Banque de France dans son enquête mensuelle publiée le 14 août.
La situation régionale contraste en effet avec la tendance française. À l'échelle nationale, l'activité a continué de progresser modérément dans l'industrie et les services marchands en juillet et a résisté dans le bâtiment.
En Nouvelle-Aquitaine, les trois grands secteurs étudiés sont au contraire orientés à la baisse.
L’industrie résiste grâce à l’aéronautique et à la défense
La situation est toutefois très différente selon les filières industrielles.
L'aéronautique, la défense, le spatial et l'électronique restent dynamiques, apportant un soutien à l'activité industrielle régionale. Mais cette performance ne suffit pas à compenser les difficultés rencontrées ailleurs.
Plusieurs sites directement exposés aux conséquences des incendies ou aux fortes températures ont enregistré une diminution de leur production.
Les industriels restent parallèlement confrontés à des tensions d'approvisionnement dans plusieurs filières, tandis que les prix des matières premières continuent d'augmenter.
À l'échelle nationale, la Banque de France constate néanmoins que la trésorerie des entreprises industrielles reste globalement proche de son niveau normal, malgré d'importantes différences selon les secteurs.
Logistique, tourisme et intérim affectés par les incendies
Les services marchands ont eux aussi été directement touchés par les événements climatiques de juillet.
La canicule a modifié à la fois les comportements des consommateurs et l'organisation du travail dans les entreprises.
Les incendies ont, de leur côté, perturbé les livraisons et les flux touristiques, mais également l'accès à certaines plateformes logistiques. La Banque de France observe parallèlement une réduction du recours à l'intérim. L'ensemble de ces facteurs conduit à un recul global de l'activité des services marchands dans la région.
Cette évolution intervient alors que la situation de trésorerie des entreprises de services demeure globalement défavorable au niveau national, même si une légère amélioration est constatée en juillet.
Les entreprises du bâtiment reportent des chantiers
Le bâtiment constitue un autre secteur directement pénalisé par les températures exceptionnellement élevées.
Les entreprises interrogées signalent une baisse de productivité ainsi que des reports de chantiers, touchant l'ensemble des corps de métier.
Les difficultés ne sont cependant pas uniquement climatiques.
La Banque de France relève également une demande hésitante et des difficultés à renouveler les carnets de commandes. La pression concurrentielle sur les prix demeure particulièrement forte, notamment dans le gros œuvre.
Le contraste avec la situation nationale est ici encore marqué : à l'échelle française, le bâtiment a globalement résisté en juillet, malgré un ralentissement du gros œuvre compensé par une accélération du second œuvre.
Les dirigeants anticipent un rebond en août
Les perspectives apparaissent toutefois plus favorables.
Malgré les congés estivaux, les chefs d'entreprise néo-aquitains interrogés par la Banque de France anticipent pour août une progression de l'activité plus soutenue qu'habituellement à cette période, aussi bien dans l'industrie que dans les services et le bâtiment.
Au niveau national, les dirigeants prévoient également une accélération de l'activité dans les trois grands secteurs. La Banque de France estime par ailleurs, sur la base de son enquête et d'autres indicateurs, que le PIB français progresserait de 0,2 % au troisième trimestre 2026. Cette estimation reste entourée d'une incertitude importante, notamment en raison des conditions climatiques et de la situation internationale.
Après un mois de juillet fortement perturbé, le comportement de l'activité en août permettra donc de déterminer si le recul observé en Nouvelle-Aquitaine reste essentiellement conjoncturel ou se prolonge à la rentrée.