Candia : Les salariés intéressent les entreprises
# Industrie # Ressources humaines

Candia : Les salariés intéressent les entreprises

Emploi La fermeture du site Candia du Lude entraîne la suppression de 190 postes. Les entreprises du Sud-Sarthe veulent capter ce vivier de compétences pour répondre à leurs propres difficultés de recrutement.

À un an de la fermeture de l'usine Candia du Lude, l'heure est à la mobilisation générale pour assurer le reclassement des salariés. 190 emplois vont en effet disparaître en juin2014 sur ce site de conditionnement de lait, propriété du groupe coopératif Sodiaal. Alors que le bassin industriel du Sud-Sarthe a vu le nombre de demandeurs d'emplois augmenter de 20 % en 2012, flirtant ainsi avec les 6.000 chômeurs, les entreprises locales peinent à recruter. « Nos entreprises ont de gros besoins en personnel et ne parviennent pas à trouver de candidats. Les salariés de Candia ont des profils très techniques et difficiles à trouver sur le territoire », précise Sébastien Duval, président de l'Association des entreprises du Val de Loir (AEVL) et dirigeant d'une entreprise de transport. Ce serait ainsi plus du quart des offres de postes de chaudronniers et de soudeurs qui ne trouveraient pas preneurs, au risque de pénaliser certaines PMI locales en développement, notamment sur le secteur aéronautique. Charge à elles désormais de capter ce vivier de compétences issues de l'usine laitière. Une première rencontre entre salariés et l'AEVL et le club d'entreprises de La Flèche a eu lieu début juin, suivi d'un forum des métiers. Une démarche à l'initiative du personnel et soutenue par la direction de l'usine du Lude, qui a permis une mise en contact directe entre les futurs ex-Candia et des entreprises situées dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres autour du Lude.




Orienter en fonction des besoins du territoire

« Il y a 13 métiers dans l'usine, explique son directeur Bernard Auffray. Des pilotes de fabrication, des techniciens de maintenance, des conducteurs de stockage. Des gens expérimentés avec une bonne pratique de l'hygiène et de la sécurité. » L'enjeu étant d'orienter ces salariés vers des formations en adéquation avec les besoins des entreprises locales. Ainsi, le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévoit le détachement d'un salarié durant deux mois dans une société d'accueil avec prise en charge du différentiel de salaire. Si c'est cette période d'essai est concluante, l'ex-Candia est confirmé en CDI ou au minimum en CDD de six mois avec une visibilité sur un CDI. Dans le cas contraire, il reprend son poste. « Dès qu'un salarié trouve une opportunité, nous le laissons partir. Le pari est que l'ensemble du personnel retrouve un emploi, dans le groupe ou sur le territoire », ajoute Bernard Auffray.




Faible mobilité

Pour Stéphane Cheverry, responsable RH de Neopost au Lude, les passerelles entre Candia et les autres industries du territoire existent. « En effet, il y a des compétences transversales en méthode, maintenance et production qui peuvent nous intéresser. Pour l'instant nous n'avons pas de besoins immédiats. À voir pour 2014-2015. » Au contraire d'Amada. Le fabricant de machines outil doit en effet couvrir ses prochains départs en retraite, soit trois à quatre personnes à recruter d'ici à la fin de l'année pour une prise de poste en juin2014 sur le site de Château-du-Loir. « Nous avons identifié plusieurs profils intéressants chez les Candia, pour des postes de technicien de bureau d'étude, technicien qualité ou encore assistante RH », souligne Tony Barré, responsable de la production d'Amada. Un recrutement est actuellement en cours. « Les profils Candia sont en adéquation avec les besoins du territoire, mais les salariés sont peu mobiles. Surtout, certains veulent rester en poste jusqu'au bout : ils croient à un sauvetage du site », tempère Lydia Richard, responsable de l'agence intérim Synergie à Château-du-Loir. Reste aussi à savoir si les entreprises du Sud-Sarthe pourront s'aligner sur des salaires Candia jugés « honorables » par des proches du dossier.

Candia



(Le Lude) Dirigeant : Bernard Auffray 190 salariés CA non communiqué 02 43 48 63 00

# Industrie # Ressources humaines