Comme tous les 2 ans, Girondins et touristes se sont retrouvés fin juin pendant quatre jours pour Bordeaux fête le vin. Une réussite, indéniablement. Pourtant, cette manifestation populaire (500.000 visiteurs) est dans l'oeil du cyclone. Horreur! On y boit du vin! Nos édiles ne sachant plus comment lutter contre le fléau de l'alcoolisation des jeunes, et empêcher quelques faits divers tragiques, tout ce qui touche de près ou de loin à l'alcool apparaît désormais comme suspect. Et tant pis si la consommation, et même la dégustation de vin, doivent être mises à l'index. Pour éviter tout dérapage, le dosage des verres est passé de 7cl les éditions précédentes, à 5cl. «Le destin de cet événement, ce n'est pas de boire du vin, c'est d'en parler, de le découvrir et de l'insérer dans son écrin naturel, qui est la culture», va même jusqu'à déclarer Stéphan Delau, adjoint au maire en charge du tourisme. Il fallait y penser: une Fête du vin où on ne boit pas de vin! Faut-il vraiment adjoindre l'art au vin, comme s'il fallait compenser avec un contenu culturel ce qui ne se résumerait qu'à une beuverie? Si le projet de "Fête de l'art et du vin" que propose la Mairie pour 2014 est séduisant, ses motivations sont peu louables. Les représentants bordelais ne devraient pas être timorés pour assurer la promotion du vin. S'ils ne défendent pas haut et fort -sans modération, devrais-je dire- ce qui est tout à la fois l'histoire, l'économie et le patrimoine de leur territoire, qui le fera? @email
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