Un nouveau tiers lieu vient de naître à Brest. Le « C4 » a pris ses quartiers au 96 rue de Siam en janvier. Dans les 700 m² connus des Brestois pour avoir accueilli la Sonothèque ou encore un magasin Kanabeach, un grand espace occupé de vieux canapés, de tables de salle à manger, de tables de pique-nique (celles de Brest 2016), des verrières, etc.
Axé sur le développement durable
« L'esprit du lieu est tourné vers le développement durable. Tout le mobilier a été récupéré en déchetterie ou chez Emmaüs. On a fait les travaux avec un budget minimum, en récupérant un maximum de choses », explique le fondateur et directeur Gaël Manes. Ce designer autodidacte a créé son entreprise, Correllation (5 salariés ; CA N/C), une agence de conseil et stratégie en innovation durable, fin 2015. Celle-ci chapeaute Studio Manes, une agence de design global, le programme Fredddd (qui vise à réunir les artisans autour du développement durable en proposant notamment un site marchand commun) et « C4 ».
« Il n'y avait pas de lieu dédié au développement durable pour accompagner les porteurs de projets dans ce domaine », fait remarquer Gaël Manes. Le rôle du C4 sera donc triple. D'abord offrir un espace de coworking qui pourra accueillir une cinquantaine de travailleurs pour 200 euros par mois. « L'idée est de décloisonner le business ». Pour « aider à faire émerger de nouveaux modèles dans l'économie durable », le C4 sera aussi un incubateur-accélérateur de start-up. « On ne prendra pas de participation dans les sociétés », précise le directeur. Les six premiers mois seront gratuits, ensuite le C4 se rémunérera en pourcentage sur le chiffre d'affaires. Enfin, un showroom, boutique, salon de thé, permettra aux start-ups de présenter et vendre leurs produits et services.
Casser les codes
Parmi les dix adhérents déjà inscrits, on retrouve des start-ups brestoises comme Poc La Girafe (plateforme de création textile) ou l'association d'étudiants Fil & Fab. Ces dernières sont à la recherche d'un business model pour leur idée de valorisation de filets de pêche usagés. On y retrouve aussi des artistes et des indépendants. « Le C4 est le lieu rêvé pour montrer ce que l'on fait et voir comment le public réagit », indique Gwenaëlle Magadur, peintre plasticienne, qui compte décliner son oeuvre de la ligne bleue sur des vêtements et accessoires. « On se veut très fédérateur, ajoute Gaël Manes. Le lieu se nomme C4 comme l'explosif car nous voulons casser les codes. Pour moi, l'innovation de rupture est essentielle. »