C : Jean dit Cazaux : Les 7 vies du commissaire-priseur

C : Jean dit Cazaux : Les 7 vies du commissaire-priseur

Commissaire-priseur, père de famille, peintre, écrivain, voyageur, élu bordelais... Christian Jean dit Cazaux a déjà vécu six vies et, à l'aube de sa retraite professionnelle, veut poursuivre sa quête de connaissances. Véritable mémoire vivante de la culture bordelaise, il livre dans des poèmes ses états d'âmes.

Les rencontres, les voyages, les découvertes, Christian Jean dit Cazaux en a fait de nombreuses dans sa vie. Pourtant, à 68 ans, l'homme n'a toujours pas étanché sa soif de connaissances. «Il y a un temps pour faire sa vie et un temps pour vivre sa vie», déclare-t-il. À l'heure où il s'apprête à mettre de coté son marteau de commissaire-priseur, de nouvelles priorités émergent. «Je souhaite continuer à étudier et apprendre afin de répondre à des questions auxquelles je n'ai pas encore trouvé les réponses». L'existence de Christian Jean dit Cazaux lui a pourtant déjà permis de s'ouvrir à de nombreux univers. «J'ai déjà vécu plusieurs vies. Tout d'abord ma vie de famille, mais aussi commissaire-priseur, peintre, écrivain, élu à la mairie de Bordeaux. Sans oublier les raids à cheval que j'ai effectués un peu partout dans le monde. Jean-François Deniau avait écrit qu'il avait vécu sept vies. Il m'en reste donc encore une!»




«Comme un comédienqui monte sur scène »

Sa notoriété, Christian Jean dit Cazaux la doit avant tout à son métier de commissaire-priseur. Celui qui voulait être journaliste a tenu le marteau pour la première fois en 1971. «J'étais tétanisé par le trac, comme un comédien qui monte pour la première fois sur scène. Mais après quelques minutes, la sérénité s'est installée». Son amour des beaux objets, Christian Jean dit Cazaux l'a construit dans les bibliothèques, les musées et au fil de ses rencontres. «L'art m'a toujours passionné et mon métier m'a permis de toucher les objets. Je ne peux m'empêcher d'avoir ce contact. Lorsque je touche un tableau et étudie la vie d'un peintre, une vibration se crée. J'essaie de m'approcher de l'artiste et je me rends compte que je n'aurai jamais son talent». Le rapport passionnel qu'entretien Christian Jean dit Cazaux avec la peinture l'a poussé à exposer ses toiles à plusieurs reprises.




Mise en lumière des monuments de Bordeaux

Plus subtilement, une partie de l'oeuvre de Christian Jean dit Cazaux est visible pour tous les Bordelais. Élu par deux fois sur la liste de Jacques Chaban Delmas à la mairie de Bordeaux, puis sur la liste d'Alain Juppé, il a été chargé, en 1995, de mettre en lumière Bordeaux. «Du Pont de pierre à la place de la Bourse, en passant par le Grand théâtre, ce travail reste un merveilleux souvenir qui m'a donné le sentiment d'être utile». Lorsqu'il procède à des ventes aux enchères, Christian Jean dit Cazaux n'a pas son pareil pour mettre en valeur les objets mis en vente. «Il s'agit à chaque fois d'une représentation éphémère, explique-t-il. Lors d'une vente de 4h, il est interdit d'endormir les gens. Il faut donc les faire sourire, les intéresser et adopter une gestuelle». Et si la 7e vie de Christian Jean dit Cazaux était vouée à la transmission? Depuis 2 ans, il enseigne à l'Icart Bordeaux, École du commerce de l'art et de l'action culturelle. «Je leur parle de l'objet sous l'angle culturel. Quand un objet est magnifié, il magnifie les hommes. L'Objet devient alors comme un fil d'Ariane, où il est inutile de parler une langue étrangère pour tous se comprendre».




Transmission

En plus de transmettre son savoir, le commissaire-priseur immortalise ses états d'âme sur le papier. Parmi les poèmes de ?J'ai deux mots à vous dire ?, édité en 2008: «Paradoxe. ?La culture c'est ce qui reste lorsqu'on a tout oublié?alors, moi qui n'ai pas de mémoire je me trouve très cultivé».