C : Cauvet : «Je suis là pour aider les entreprises»
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C : Cauvet : «Je suis là pour aider les entreprises»

Nommé en juillet par le ministre Arnaud Montebourg, le commissaire au Redressement productif en Haute-Normandie, Christian Cauvet, en provenance de la direction régionale des Finances Publiques, détaille sa feuille de route et évoque ses premières interventions.

Quels sont les objectifs qui vous ont été assignés par le ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg, le 2juillet dernier?
Ce que nous a demandé le ministre, c'est de faire tout ce qui est possible pour aider les entreprises en difficulté. On sait que plus on intervient précocement, mieux elles s'en sortent. L'idée est donc de faire «la chasse» aux entreprises qui ont besoin de soutien pour les aider avant que la situation ne s'aggrave et éviter d'aller jusqu'aux procédures collectives dont très peu d'entre elles sortent indemnes.
Avez-vous déjà été sollicités par des entreprises de la région depuis votre prise de fonction?
J'ai aussitôt été contacté
, souvent pour des problèmes qui pouvaient mener au dépôt de bilan. J'ai été sollicité par des PME de 15 à 100 salariés qui avaient des difficultés ponctuelles ainsi que par d'autres qui venaient me parler de difficultés collectives dans certaines branches en particulier. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de faire remonter ces informations au ministre.
Le gouvernement précédent avait mis en place les Commissaires à la réindustrialisation. Qu'est-ce qui vous distingue d'eux?
Leur mission était d'intervenir pour faire venir de nouvelles entreprises sur les territoires concernés. Mon action consiste avant tout à éviter la disparition d'entreprises!
Comment qualifiiez-vous votre rôle, justement?
Je dois devenir une plaque tournante entre les services de l'État et les entreprises en difficulté. Avant la création de ce poste, il n'existait pas de véritable porte d'entrée pour les entreprises en difficultés. Le directeur régional des Finances Publiques, anciennement le TPG jouait ce rôle. Mais les entreprises ont du mal à venir spontanément à leur contact. Pourtant, beaucoup ont été sauvés grâce à ces interventions. Mon rôle sera désormais de les orienter en les rassurant sur les dispositifs existants. J'ai été surpris, par exemple, de constater que certains chefs d'entreprises ne connaissaient pas le mécanisme de la médiation du crédit! À mon niveau je pourrai, si c'est nécessaire, organiser des tours de table. Je travaille actuellement sur le dossier d'une entreprise qui a un problème de trésorerie. Sa banque à du mal à la suivre et le dirigeant a besoin de trois à quatre mois pour réaliser un apport personnel. En intervenant, j'essaye de faire en sorte qu'il ne dépose pas le bilan.
Votre mission est-elle limitée dans le temps?
C'est l'efficacité du dispositif qui fera sa pérennité. Le problème, c'est qu'il est plus facile de compter les entreprises qui disparaissent que celles qui ne disparaissent pas. En résumé, je suis là pour aider les entreprises, dans la plus grande confidentialité. Depuis le début du mois de juillet, j'ai sur mon bureau une cinquantaine de dossiers qui concernent des entreprises de 15 à 300 salariés avec des problèmes chaque fois très différents.
Comment allez-vous travailler avec les autres acteurs publics au soutien des entreprises? La circulaire du 14juin qui fixe notre mission nous donne la fonction d'animer deux fois par mois un comité de veille et d'alerte (NDLR: dont le 1er a eu lieu le 4septembre) qui réuni le Préfet, le directeur de la Banque de France, celui de Finances Publiques, Oséo, la Caisse des Dépôts, l'Urssaf ainsi que la Région. L'objectif est d'être certain que les entreprises détectées soient prises en charge et que leur dossier ne soit pas enterré.
Vous rendrez compte directement au ministre?

Chaque semaine je prépare pour son cabinet des notes pour les réponses aux questions des députés dont il est saisi. Et chaque jeudi je transmets des éléments sur les entreprises en difficulté dans la région.


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Contact: 02.32.76.51.78. @email

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