BTP : La crise redoutée en 2011 pourrait frapper en 2012!
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BTP : La crise redoutée en 2011 pourrait frapper en 2012!

FRTP, Capeb ou FFB, les professionnels du bâtiment et des travaux publics s'attendent à une année 2012 plus compliquée que ne le fût sa devancière.

«Depuis trois ans que l'on crie au loup...», il pourrait bien finir par sortir du bois! L'analyse, c'est celle de Marc-Antoine Troletti, le président de la Fédération régionale des travaux publics. Une profession plutôt épargnée depuis deux ans, reconnaît le patron de Socore-Troletti qui craint que les choses ne changent brutalement en 2012: «En 2008, la crise a beaucoup impacté les industriels et relativement peu la sphère des travaux publics», soutenue par le double effet du plan de relance et du bénéfice du FCTVA. «Notre activité dépend à 70% des collectivités locales qui ont jusqu'à aujourd'hui globalement maintenue leurs commandes», rappelle Marc-Antoine Troletti qui note cependant «une très nette diminution des appels d'offres en cette fin d'année». À la FFB, l'optimisme n'est pas plus de rigueur: «les placements en redressement judiciaire ont augmenté de 20% sur un an avec une forte accélération depuis la fin août», rappelle François Leprêtre.




La fin des années «Byzance»

En cause, «des entreprises qui cherchent à refaire des carnets de commandes en baissant les prix, sauf que les trésoreries ne le permettent plus!» Et si les commandes publiques ne représentent qu'un tiers de l'activité des adhérents de la FFB, son représentant s'inquiète de la tendance de ces dernières à tirer elles aussi les prix vers le bas: «c'est un mauvais calcul qui finira par coûter cher, notamment en termes de chômage». La situation ne laisse pas non plus indifférents les artisans du bâtiment qui cherchent aussi de nouveaux débouchés: «les collectivités deviennent une cible», confirme Pascal Dufour, le secrétaire général régional de la confédération. «Jusqu'à maintenant les particuliers constituaient la principale tranche de notre clientèle», explique le président de la Capeb de Haute-Normandie Gabriel Desgrouas qui évoque «les années Byzance avec des carnets de commandes à deux ans!» En encourageant ses adhérents à répondre à des appels d'offres publics, l'organisation patronale chercherait à «anticiper les difficultés» d'un marché qui se tend. «La remontée des seuils de passation de marchés publics de 4.000€ à 15.000€ va nous y aider», explique d'ailleurs Frédéric Berard, le secrétaire général de la Capeb de Seine-Maritime. Quant au manque de moyens des collectivités évoqué par certains, Gabriel Desgrouas n'y croit guère: «l'argent est là! Quand une commune vote un budget d'investissement les fonds sont consignés à la Caisse des Dépôts. C'est une question de politique, pas de conjoncture. Nous poussons nos adhérents à investir continuellement; les collectivités doivent faire la même chose!» Et la hausse de la TVA dans tout cela? «C'est surtout symbolique! Nous sommes plus chagrinés par le coup de rabot sur certaines incitations fiscales, notamment en matière d'économies d'énergies que sur le point et demi de TVA en plus».



Guillaume Ducable

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