Que dire de la conjoncture dans le BTP? Le plan de relance a-t-il donné un coup de fouet? Le plan de rela
nce a en effet donné un certain coup de fouet à la filière, même s'il reste bien des choses à lancer. Aujourd'hui, seulement 65% des projets ont été réalisés. La conjoncture n'est vraiment pas réjouissante. Les logements privés ont accusé une perte de 30% au dernier trimestre 2009par rapport à 2008, et le non-résidentiel une chute de 20%. Il n'y a que dans le secteur de l'entretien que le marché se maintient.
Où en est la santé financière des entreprises?
Leur trésorerie est au plus mal. Car l'effondrement des prix, de l'ordre de 15%, est une catastrophe pour les entreprises. Certains vendent à perte. Il faut dire que les appels d'offres des marchés publics ont pour habitude de retenir les moins-disants. Du coup, tout le monde s'est engouffré dans cette course à la baisse des prix qui, à long terme, met en péril tout le secteur. D'où mes grosses craintes pour le premier trimestre 2010. Ceci dit, les maîtres d'ouvrage doivent prendre conscience de cette situation. Surtout, ils jouent avec le feu. Car, quand une entreprise disparaît en cours de chantier, celui-ci est complètement bloqué, et cela coûte au final beaucoup plus cher. Au-delà de la baisse du volume d'activité, cette chute des prix a donc un impact très fort sur la trésorerie des entreprises du BTP, qui se dégrade de mois en mois.
Rhône-Alpes est aussi impactée que d'autres régions?
Globalement, on est un peu plus impacté. Mais il y a aussi des territoires plus touchés que d'autres. D'une façon générale, les grosses villes s'en sortent mieux.
Quel impact en terme d'emplois?
Le secteur recrute encore mais c'est seulement pour renouveler les salariés qui s'en vont à la retraite ou ailleurs. En 2009, si on compte 9.000 recrutements dans la filière, dans le même temps, on a en perdu 13.000 emplois! La perte nette d'emplois est donc bien réelle. Mais les entreprises du BTP n'ont pas encore vraiment licencié. Pour l'instant, elles ont surtout joué sur l'arrêt des embauches d'intérimaires et de CDD. Elles en profitent aussi pour former les gens plutôt que de licencier. Mais ces mesures permettent juste de gagner du temps. Si le marché ne repart pas...
Des pistes pour relancer la machine?
Il est urgent de relancer tous les projets des collectivités locales, des bailleurs sociaux, des promoteurs immobiliers... Tout en mettant en place des bonnes pratiques pour choisir les mieux-disants et non les moins-disants. Il faudrait aussi que les banques suivent... L'idéal est que toute la chaîne reprenne confiance. Néanmoins, on note des signes encourageants, comme la relance dans l'immobilier. On espère que ça suivra par des mises en chantier...
Face à une conjoncture plus que morose, le secteur du BTP doit de surcroît faire face à un effondrement des prix qui met en péril bien des entreprises. Jacques Chanut, le président du BTP Rhône-Alpes, témoigne de ses craintes pour 2010.