Les créateurs
Âgée de 37 ans, Bénédicte Morard est une professionnelle du marketing. Passée par le cabinet Deloitte, cette diplômée de l'Idrac a longtemps occupé le poste de responsable marketing et communication au sein de Sogelink, une PME spécialisée dans des solutions logicielles métiers pour les chantiers et les réseaux. « Dans mes fonctions, j'ai aussi créé et développé l'organisme de formation qui accompagne les solutions logicielles. Il y a trois ans, j'ai décidé de monter ma propre structure pour accompagner les entreprises dans la création de leur offre de formations », explique la créatrice. C'est au sein de sa société Syp'conseil qu'elle retrouve comme client Thierry Bonnet, l'ex-directeur général délégué de la Sogelink, passée quelques années plus tôt par la direction de la branche déchets du groupe Serfim. Devenu dirigeant fondateur de Paramaribo, une société de conseil dédiée aux TP et collectivités, et associé du Kub, une PME qui assiste ces dernières dans le déploiement de fibre optique, Thierry Bonnet, dispose des compétences et de l'expérience de gestion et direction d'entreprise qui manque cruellement à Bénédicte Morard pour lancer Brush'n Barber : le premier service national de coiffure à la demande sur application mobile.
Le concept
« L'idée, c'est de pouvoir trouver un coiffeur à domicile qui vient chez moi quand je le veux et surtout de pouvoir choisir mon prestataire », explique celle qui a eu l'idée du concept après avoir essuyé, le même jour, quatre refus de salons pour se faire couper les cheveux. Penser pour organiser la rencontre entre une population urbaine connectée, déjà habituée aux Uber, Airbnb et autres Booking, et les 18 000 coiffeurs indépendants à domicile enregistrés en France, Brush'n Barber reprend tout ce qui fait le succès des applications en vogue. « Le client se géolocalise, saisit les prestations dont ils souhaitent bénéficier et cela lui génère une liste de coiffeurs en fonction du créneau horaire retenu et du périmètre géographique. Il choisit son prestataire, paie en ligne et reçoit un mail de confirmation avec facture en pièce jointe », explique la créatrice. De leur côté, les coiffeurs inscrits et référencés sur le site bénéficient d'une gestion simplifiée de leur activité. « On les aide à trouver des clients, à optimiser leurs frais de déplacement et on génère les factures sur leur compte et on édite un récapitulatif mensuel de leurs encaissements. Et contrairement à Uber, ce sont eux qui fixent leurs prix », expose Bénédicte Morard, qui récupère au passage 23 % sur chaque transaction.
Les objectifs
Convaincue de détenir « un modèle hyperviral », Bénédicte Morard espère développer Brush'n Barber sur toutes les grandes agglomérations françaises. « Pour l'instant, nous démarrons avec huit villes pilotes : Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse, Nice, Toulon et Montpellier. Mais d'ici fin 2017, on espère être dans les 900 villes françaises de plus de 10 000 habitants. Côté coiffeurs, nous en avons pour l'instant une centaine. L'objectif est d'en avoir 3 000 référencés à horizon 2018 », confie l'intéressée qui ambitionne d'atteindre 1,5 millions d'euros de chiffre d'affaires à cette échéance. Des chiffres ambitieux qui nécessiteront des moyens pour mener à bien la prospection des coiffeurs et la promotion de l'appli. « Nous avons déjà effectué un premier tour de table en ouvrant 30 % du capital à des dirigeants proches. Ce qui nous a permis de lever 150 000 euros. On envisage un second tour de table entre 500 000 et 800 000 euros à fin 2017 pour accélérer notre développement », conclut la créatrice.