Le groupe Bruno Saint-Hilaire a connu des années compliquées : ce concepteur, designer et distributeur de vêtements haut-de-gamme, fabriqués en Europe, avait vu son chiffre d'affaires chuter de 40 à 22 millions d'euros entre 2008 et 2012. « À mon arrivée, ma mission était de retrouver l'équilibre. Nous étions sur un plan de continuation de l'activité avec la nécessité de solutionner l'endettement de l'entreprise », raconte Fabrice Dorr, arrivé à la tête de l'entreprise fin 2012. Mission délicate, mais accomplie : la situation de Bruno Saint-Hilaire s'est depuis stabilisée avec un chiffre d'affaires autour de 20 millions d'euros et un effectif qui n'a pas bougé depuis cinq ans. L'entreprise compte une centaine de salariés répartis dans les métiers des achats, de la R&D, du design, de la distribution. Soixante d'entre eux sont installés à Balma, banlieue de Toulouse, au siège de l'entreprise. L'innovation représente une part importante de son activité : les vêtements Bruno Saint-Hilaire ont la particularité d'être innovants dans la qualité de leur matériau, avec des textiles anti-tâches, infroissables, ultra-confortables...
Le fonds Activa Capital sort du capital
Après une entrée à 60% dans le capital du groupe, le fonds Activa Capital en avait acquis la totalité en 2012. « Bruno Saint-Hilaire était un dossier compliqué pour eux. À peine étaient-ils entrés dans l'entreprise que les difficultés se faisaient sentir, pour des raisons d'erreurs stratégiques, entre autres », explique Fabrice Dorr qui avait été directeur commercial de l'entreprise il y a vingt ans et qui avait été rappelé en 2012 pour en reprendre les rênes. C'est avec le soutien de banques, avec l'accord du CCSF, la Commission départementale des Chefs des Services Financiers et celui du Tribunal de commerce que le règlement des dettes de l'entreprise a pu être négocié, avec, au final, un règlement diminué de 50%. « Notre business plan a convaincu et nous avons mis tout ce que l'on possédait dans la reprise du capital », raconte le repreneur. Sa stratégie pour les années à venir : l'ouverture de trois à cinq magasins par an (au nombre de dix aujourd'hui), le développement de l'export (10% aujourd'hui) et le développement de ses autres réseaux de distribution : la vente multimarques (700 points de vente aujourd'hui), dans les grands magasins (35 corners à Paris et en province), et via son site internet. Dans sa stratégie, un réajustement de l'effectif va s'imposer avec le départ de moins de neuf salariés (nombre non communiqué). « Tout le monde est au courant et nous y travaillons avec le CE », explique Fabrice Dorr (à gauche sur la photo).