Le magazine Bretons, basé à Vannes, vient de procéder à sa troisième augmentation de capital. Spécialisé dans les reportages, portraits et interviews fleuve, ce mensuel accueille une flopée de nouveaux actionnaires.
Hénaff, Créac'h, Le Guen, Cueff et Delanoë...
Certains sont de vraies ?stars? du monde économique régional, voire national. Loïc Hénaff, arrière-petit-fils du fondateur pilote désormais l'entreprise agroalimentaire de Pouldreuzic (Finistère). Emmanuel Cueff, ancien dirigeant du Stade Rennais, dirige actuellement la société d'électronique Seprolec basée dans la Manche. Autre personnalité issue du monde du football: l'ancien joueur Paul Le Guen, natif de Quimper, qui fut aussi entraîneur, entre autres, du Stade Rennais ou du PSG. «J'ai fait rentrer des amis», déclare Didier Le Corre. «Erwann Créac'h, je le connaissais avant de monter Bretons, Jacques Delanoë est aussi un copain.» Le bientôt quadragénaire Morlaisien Erwann Créac'h est le fondateur de la marque de vêtements et de la chaîne de restaurants À l'aise Breizh. Le Rennais Jacques Delanoë a pour sa part fondé l'agence de communication Euro RSCG 360, qu'il a quittée au cours de l'été 2010. Loïc Hénaff et Erwann Créac'h ont injecté chacun 10.000euros.
Une commerciale au capital
Par ailleurs, Cécile Derré, l'une des commerciales de Bretons, prend une part minoritaire (1,27%) au capital des Éditions Blanc et Noir (SARL éditrice du titre Bretons). «Elle est là depuis le début», signale Didier Le Corre. Un peu comme Emmanuel Cueff, qui déclare avoir pris «une participation symbolique, moins de 0,5% (0,3% exactement, ndlr).
Je suis Bretons depuis pratiquement l'origine parce que j'ai immédiatement apprécié Didier Le Corre et son projet de magazine. À l'époque président du Stade Rennais et directeur général délégué du Point, j'ai supporté son projet en prenant systématiquement la quatrième de couverture pour le club, à travers une pub décalée créée avec Jérôme Poupard du Stade Rennais et Jacques Delanoë. Je l'ai aussi aidé par des conseils sur la fabrication, l'édition, la distribution du magazine. J'ai favorisé autant que j'ai pu le rapprochement avec Ouest-France.»
Ouest-France majoritaire
D'ailleurs, Ouest-France est devenu actionnaire majoritaire. À la faveur d'une troisième augmentation de capital. Car Le Ploërmelais posséde aujourd'hui 35,3 % du capital. Or cet hebdomadaire est la propriété de Publihebdos, filiale de Sipa - Ouest-France. Dans l'intervalle, il avait été procédé à une réduction de capital des Éditions Blanc et Noir pour enrayer la fonte de ses fonds propres. Il s'agit donc bien d'une prise de pouvoir par Ouest-France. Le groupe avait déjà acquis 20% lors de la seconde augmentation de capital. Didier Le Corre ne conserve qu'une minorité de blocage de 34,6%. Sur le sujet, le rédacteur en chef se contente d'un laconique: «Pas de commentaire».
PRESSE Le magazine Bretons ouvre son capital à des acteurs régionaux voire nationaux, certains entrepreneurs. Ouest-France en profite pour prendre le pouvoir.