Bordeaux labellisée French Tech : Et maintenant?

Bordeaux labellisée French Tech : Et maintenant?

Le 12 novembre, Bordeaux comme huit autres villes, a été labellisée French Tech. Une belle récompense après des mois de mobilisation de toute la filière numérique bordelaise. Loin d'être une fin en soi, l'écosystème doit désormais se mettre au travail pour capitaliser sur ce label

L'union sacrée. C'est l'image qui colle le mieux à la mobilisation qui s'est fait jour à Bordeaux pour obtenir le fameux sésame, celui pour lequel toute la filière numérique faisait cause commune depuis des mois : le label French Tech. La décision d'Axelle Lemaire, la secrétaire d'État chargée du numérique, est tombée le 12 novembre : Bordeaux est l'une des neuf villes labellisées (lire ci-contre). Le début d'une belle aventure selon les mots d'Alain Juppé qui dès le lendemain réunissait près de 200 personnes à la Cub pour fêter cette victoire, par la simple puissance de Twitter !




10.000 nouveaux emplois à horizon 2025

Ils étaient donc tous là ou presque, élus, chefs d'entreprise, responsables d'université, indépendants pour témoigner de cet espoir : le numérique c'est la troisième révolution industrielle, les emplois de demain pour nos enfants, et Bordeaux doit y avoir sa place. « La région compte plus de 7.000 entreprises dans ce secteur dont 4.500 sur la Cub, précise Agnès Grangé, la chef de file de la candidature bordelaise, également directrice régionale de La Poste. Cela représente 20.000 emplois. Notre ambition d'ici à 2025 c'est de générer 10.000 nouveaux emplois, d'accroître le nombre d'ETI de 50 %, le nombre de TPE et de PME de 70 %, et d'aider à l'émergence de cinq entreprises championnes de dimension internationale. » Pour ça, la ville doit capitaliser sur cette labellisation qui va la rendre plus visible aux yeux de tous comme un territoire du numérique, et mettre en place rapidement son plan d'actions.




Une visibilité nationale et internationale

« Il y a deux notions très importantes qui ressortent de cette candidature, ajoute Agnès Grangé. Tout d'abord l'aide à la croissance à l'international, qui sera menée au niveau national. Ensuite l'aide à la structuration des plus petits notamment grâce au mentoring c'est-à-dire à l'échange d'expérience, qui sera menée en local. » Une ambition que partage Nicolas Beraud, le fondateur du site de paris en ligne Betclic installé désormais à Bordeaux pour développer sa nouvelle entreprise, Triple fun. « Ce label montre le dynamisme de la ville. C'est le début d'un élan. La France est en retard par rapport à la Grande Bretagne ou aux États-Unis dans l'aide à la création d'entreprises. Là-bas c'est beaucoup plus facile pour les start-up de trouver des financements et des aides adéquates. Ils ont des outils structurés qui manquent en France alors j'espère que ce label facilitera les choses. » Initié par Fleur Pellerin, l'ancienne ministre en charge du numérique, le label French Tech vise en effet à construire un mouvement de mobilisation collective pour la croissance et le rayonnement international de start-up françaises du numérique et à soutenir des accélérateurs de start-up privés.




Quatre accélérateurs à Bordeaux

Bordeaux, dans son dossier de candidature, a ainsi présenté quatre projets d'accélérateurs* dont un est porté par Julien Parrou, le P-dg du groupe Concoursmania, qui s'est beaucoup impliqué dans cette labellisation. « Maintenant c'est à nous de jouer, nous devons nous bouger, nous mettre au boulot pour continuer cette dynamique. Je suis en train de finaliser la création d'Héméra, un accélérateur de start-up privé, précise-t-il. L'idée est d'identifier et de sélectionner des start-up à fort potentiel de croissance et de les accompagner avec du mentorat sur une période assez courte d'environ quatre mois. L'objectif est de les coacher, de les aider à tester leur modèle économique, à se confronter aux marchés, à travailler leur présentation pour une levée de fonds etc. » Si tout se passe bien, cet accélérateur devrait boucler un premeir tour de table de 3 millions d'euros d'ici à la fin de l'année et démarrer son programme d'accompagnement au second trimestre 2015. « Mon idée est d'installer Hemera au coeur de Bordeaux, et de créer un café des entrepreneurs qui serait un lieu ouvert où chacun pourrait se rencontrer. Pourquoi pas aussi faire venir des projets étrangers. » C'est le cas de 33entrepreneurs, un autre accélérateur bordelais dirigé par Vincent Pretet, qui accueille des start-up du monde du vin. Dernier point important du label : disposer d'un bâtiment étendard. La future Cité numérique de Bègles devrait jouer ce rôle. Pôle d'excellence économique, culturelle et sociétale fondée sur les usages numériques, elle devrait apporter aux acteurs de la filière les moyens de son développement. D'ailleurs Digital Aquitaine, le pôle de compétitivité que la Région vient d'initier, devrait s'y installer en 2016. *Hemera, 33entrepreneurs, Digit'Halles et Réseau Entreprendre Aquitaine