« À terme, chez Bonduelle, nous ne nous concentrerons que sur des activités profitables. Bonduelle a toujours privilégié ses marques propres et nous n'avons pas vocation à faire des productions déficitaires », a déclaré avec agacement Christophe Bonduelle, président du groupe agroalimentaire nordiste. Le ton est donné. Le cap aussi. Alors que le groupe industriel a manqué de peu le seuil des deux milliards d'euros de chiffre d'affaires pour son exercice 2013/2014, avec un chiffre s'établissant à 1,982 milliard d'euros, il affiche des ambitions à la hausse pour ces prochaines années.
Une croissance de 5 % par an
À l'horizon 2025, le groupe vise un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros, ce qui représente une croissance de 5 % par an, « pour moitié interne et externe », précise le dirigeant. Une croissance qui ne se fera pas au détriment de la rentabilité puisque celle-ci devra s'élever en 2025 à 250 millions d'euros, soit croître de 7,5 % par an. Pour atteindre cet objectif, l'industriel annonce donc qu'il n'hésitera pas à se défaire des activités non profitables. En ligne de mire ? Les marques de distributeurs (MDD). Le groupe Bonduelle est directement impacté par la guerre des prix en GMS, exacerbée par la concentration des acteurs de ce marché. « La France compte aujourd'hui quatre centrales d'achat, qui achètent près de 95 % du marché », précise le président.
Privilégier les marques propres
Dans ce contexte Christophe Bonduelle déclare, pour son précédent exercice, avoir « fourni moins de MDD en Europe et sur l'activité conserves, à cause de la baisse des prix que nous n'avons pas voulu suivre. » Les volumes de légumes restant en stock du fait de cette baisse intégreront le programme de fabrication 2015. La production diminuera donc d'autant cette année pour absorber ces volumes. « Cette année, cette baisse des prix a été acceptée pour la crème de la clientèle, là où la baisse est la moins forte », note le dirigeant. Les marques propres (Bonduelle, Cassegrain, Articgardens et Globus), représentent actuellement 52 % du chiffre d'affaires du groupe et « nous voulons que ça augmente. Nous ne ferons des MDD que si cela a du sens », martèle Christophe Bonduelle. Le groupe a par ailleurs annoncé être en discussion avec un nouvel acteur de la distribution alimentaire : Amazon.
Un fort développement sur la zone hors Europe
De manière générale, c'est la zone hors Europe (32 % du chiffre d'affaires) qui porte actuellement le développement de Bonduelle. Cette zone est d'ailleurs « deux fois plus rentable pour Bonduelle aujourd'hui que la zone Europe », souligne Grégory Sanson, le directeur financier du groupe. Bonduelle continue notamment de développer ses activités aux États-Unis et au Canada. Les Etats-Unis sont d'ailleurs devenus le 2
e marché du groupe (avec 13 % du chiffre d'affaires), derrière la France (32 %) et juste devant le Canada (11 %) et l'Allemagne (11 %). « L'Amérique du Nord et le Canada pèsent de plus en plus. Aujourd'hui toutes nos usines sont saturées et nous avons dû faire une acquisition l'année dernière. Si cette progression continue, il faudra créer d'autres capacités », déclare le président. Des opérations de croissance externe sont donc envisageables. Le groupe s'était d'ailleurs positionné sur le rachat de Géant Vert, une opération finalement avortée puisque la marque a récemment été absorbée par B&G Foods. « Cela ne change rien à la physionomie de nos affaires, même si c'est une déception stratégique », a commenté Christophe Bonduelle.
Élodie Soury-Lavergne
Agroalimentaire Ayant frôlé les deux milliards d'euros de chiffre d'affaires sur son exercice 2013-2014, le groupe Bonduelle vise à présent les 3,5 milliards à l'horizon 2025.
Une croissance qui se fera de moins en moins avec les marques de distributeurs.