Le groupe de pressings et de services associés Bleu de France, dont la tête de réseau se situe à Nice, poursuit son aventure à l'international. Déjà présente, sous forme de master franchises, en Russie, au Sénégal et au Maroc (24 points de vente au total), l'enseigne vient d'implanter son premier pressing à Libreville, au Gabon. « Nous avons été sollicités par le groupe gabonais leader de la distribution commerciale, Sica Gadis (140 supermarchés), auquel nous avons cédé une licence de marque pour une durée de dix ans », raconte son P-dg, Robert Roux. L'enseigne cherche ainsi à s'affranchir du système de la franchise, qui jusqu'alors présidait à son développement, échaudée par des expériences malheureuses. « Une fois le savoir-faire transmis, la tentation est grande pour le franchisé de lancer une enseigne indépendante ou de ne plus payer de royalties. La franchise correspond mieux à une activité de produit que de service », estime-t-il. D'où le virage vers le dispositif de licence de marque, inauguré par le pressing de Libreville.
Le salut de l'international
Installée au coeur de la ville-capitale de 850.000 habitants, au sein de l'hypermarché Géant Cekado, l'enseigne est appelée à monter en puissance avec l'ouverture programmée de deux autres points de vente, toujours au Gabon... en attendant la concrétisation de projets en Côte d'Ivoire et au Sénégal. « Il y a beaucoup à faire en Afrique, notamment francophone. Les Chinois l'ont bien compris, les PME françaises un peu moins », regrette le dirigeant pour qui l'international constitue l'axe prioritaire de développement du groupe face à un marché domestique qui se réduit comme peau de chagrin. En dix ans, le nombre de pressings est passé de 11.000 à 3.000 en France. « Notre filière est sinistrée, et les raisons, on les connaît : charges de personnel trop lourdes, contraintes environnementales draconiennes qui supposent des mises en place très onéreuses quand elles ne sont pas impossibles. Nous sommes le seul pays à avoir interdit le perchloréthylène que l'on substitue par d'autres procédés comprenant des adjuvants, moins performants et dont on n'a aucun recul sur leur toxicité », déplore Robert Roux.
Résultat : alors que Bleu de France a totalisé jusqu'à une quarantaine de points de vente sur l'Hexagone, l'enseigne née en 1948 n'en compte désormais plus qu'une petite douzaine, dont la moitié encore en franchise. Pour stopper l'hémorragie, retrouver des marges de manoeuvre et limiter la casse sociale, la PME s'est diversifiée dès 2010 vers la niche décontamination de textile, en s'alliant avec le spécialiste grassois de l'après-sinistre Le Sis. « C'est un travail de spécialiste, dont les débouchés et la plus-value s'avèrent plus intéressants ». Bleu de France maintient ainsi son chiffre d'affaires, qui s'établit à 6 M€, pour environ 200 personnes.
Pour une revalorisation des secteurs classiques
Ces développements « montrent combien il est important de ne pas sous-estimer le potentiel économique de ces secteurs classiques qui structurent encore une très grande majorité de notre tissu entrepreneurial et ouvrent des perspectives parfois inattendues en termes de production de valeur, en capacité d'exportation et de défense de l'image de la France, notamment dans les économies émergentes », conclut Robert Roux qui milite pour une revalorisation des entreprises traditionnelles. « A force de ne mettre en lumière que la high-tech, il ne faut pas s'étonner que des secteurs entiers, pourtant pourvoyeurs d'emplois, peinent à recruter. La technicité d'un ébéniste, certes moins sexy, est aussi valable que celle d'un développeur web ».
Bleu de France
(Nice) Dirigeant : Robert Roux CA : 6 M€ 200 personnes Tél. : 04 93 86 56 32 @email