Biocar : Le véhicule électrique dieppois sûr de ses atouts

Biocar : Le véhicule électrique dieppois sûr de ses atouts

Le fabricant dieppois de véhicules électriques a démarré sa production avec le marché britannique en ligne de mire.

Il aura fallu attendre octobre dernier pour que les deux associés fondateurs de Biocar aient véritablement la certitude qu'ils auraient les moyens d'aller au bout de leur projet. Présenté en juillet dernier à l'hippodrome de Dieppe, le véhicule électrique sans permis (45km/h, 80km d'autonomie) imaginé par Grégory Gambarara et Marcos Martins, adoubé par les collectivités locales -l'agglomération Dieppe Maritime en tête- n'attendait plus alors qu'un plan de financement bien ficelé. Avec l'accord bancaire finalisé à l'automne et le soutien de la Région acté mi-décembre, la production pouvait démarrer! Accueilli à bras ouvert par le syndicat mixte du port de Dieppe, Biocar s'est implantée en bord à quai Chaussée de l'Arques, un site historiquement dévolu aux activités maritimes. Tout un symbole pour une cité portuaire qui joue à fond toutes les cartes de la réindustrialisation, même modestes telle l'implantation de cette TPE qui envisage de créer une dizaine d'emplois dans les trois ans.




Demandes fortes sur le véhicule utilitaire

Une première fournée d'une douzaine de véhicules est actuellement en cours de livraison. La production des premières unités s'est partagée dans un premier temps entre Dieppe pour la mécanique et Montargis pour l'électrique, siège du bureau d'études Technical Studio, partenaire de Biocar à l'origine du premier prototype de la marque. Courant mai, l'ensemble de la production doit être rapatrié sur les quais de la ville portuaire, assure Grégory Gambarara. Une production qui se concentre pour l'heure sur un modèle de véhicule utilitaire développé par Biocar (9.200€ HT sans équipements spécifiques), «modèle sur lequel il y a le plus de demande», reconnaît le dirigeant qui travaille au développement de son offre en lien avec l'activité des membres du cluster dieppois Vialog qui regroupe notamment des opérateurs de la logistique locale. Le véhicule utilitaire, modulable en fonction des exigences des clients, devrait représenter près de 80% des livraisons programmées pour 2012, estime Grégory Gambarara.




Le centre-ville, pré carré du véhicule thermique?

Pour développer sa notoriété et ses ventes, le dirigeant multiplie les pistes: «nous cherchons à développer un service de location de véhicules électriques sur la ville de Dieppe. Nous espérons aboutir d'ici un an avec la création de quatre stations de location qui devraient se situer idéalement à proximité du terminal ferry, près du port à sec, du casino et à la gare», détaille Grégory Gambarara. Autre projet qui traîne un peu les pieds, celui-là, la proposition faite à la mairie de Dieppe de mettre en place un système de livraison mutualisé pour les commerçants du centre-ville. «Mais cela prendra plus de temps à se concrétiser, probablement pas avant 2014, juge l'industriel, car cela implique notamment la limitation de la circulation des véhicules thermiques dans la ville!» Il estime aujourd'hui qu'un parc de cinq véhicules électriques pourrait suffire dans un premier temps.




À la conquête du marché britannique

Mais dans les mois et les années qui viennent c'est Outre-Manche que le développement de Biocar pourrait se dessiner, si l'on en croit son fondateur. «Notre stratégie commerciale consiste à avancer par cercles concentriques pour toucher des marchés proches de chez nous, car cela rend le suivi de clientèle plus facile». Un cercle qui en s'agrandissant quelque peu devrait sans peine toucher les côtes anglaises: «après tout, nous ne sommes qu'à 100km de Londres!», lâche Grégory Gambarara. Grâce à Vialog et à l'action de son commercial sur les iles Britanniques, Biocar a ses entrées sur un marché que la jeune PME dieppoise compte bien intégreravant la fin de l'année. «Dans un premier temps, nous pourrions envisager la livraison d'une cinquantaine d'unités par an. Mais surtout, il s'agit potentiellement d'un très bon débouché pour nous. On n'a plus qu'à mettre la marchandise sur les bateaux!», rêve déjà le chef d'entreprise qui pourrait compter sur deux rotations quotidiennes de ferry depuis Dieppe pour livrer ses clients de l'autre rive du Channel. Un premier contact fructueux établi avec des élus écologistes de la cité balnéaire de Brighton pourrait permettre à Biocar, espère Grégory Gambarara, de poser prochainement un premier pied sur le marché Anglais.



Guillaume Ducable

biocar-automobiles
(Dieppe) -Dgts: Grégory Gambarara et Marcos Martins -Effectif: 10 d'ici trois ans -mail: @email -Tél.: 06.76.75.06.45.