La biotech normande créée en 2009 par Guillaume Legent entame une nouvelle étape de son développement. Associé à Christine Heuclin, ce Docteur en biophysicochimie à l'Université de Rouen, lauréat en 2010 du Concours national de la création d'entreprises innovantes (catégorie Création Développement), développe une méthode de diagnostic moléculaire à partir de biopuces analysées par la technologie de spectrométrie de masse (SIMS).
Le modèle mixte de Bio Sims
Engagés dans un processus de R & D au long cours, les deux dirigeants développent actuellement leur activité de prestation aux industriels de la pharmacie dans le but de financer leurs recherches. «On observe un mouvement de fermetures de sites de R & D dans l'industrie pharmaceutique», constate Christine Heuclin. Des groupes qui pour accéder à des technologies nouvelles deviennent adeptes de «l'innovation ouverte», c'est-à-dire celle pratiquée dans des start-up telles que Bio Sims. Pour la jeune PME, c'est une opportunité toute trouvée de financer ses développements futurs. Un modèle mixte en vogue, semble-t-il, puisque l'on ne dénombre pas moins de trois cents entreprises de ce type en France qui proposent des prestations à l'industrie pharmaceutique. Dans l'immédiat, Bio Sims peut compter sur une nouvelle machine qui équipe désormais son laboratoire de la pépinière Seine Biopolis à Rouen. Un équipement développé en partenariat avec une société britannique installée à Manchester, SAI, qui simplifie la lecture des biopuces. «SAI a développé un premier prototype qui nous permet de proposer une activité de service» aux grands noms de l'industrie pharmaceutique. «La technologie (breveté!) que nous développons permet par exemple de faire le tri en évaluant finement l'action des protéines sur des cellules cancéreuses. On identifie ainsi les candidats les plus prometteurs pour élaborer des médicaments».
Un second centre d'analyses à Manchester
À moyen terme, Christine Heuclin évoque même la création d'un second centre d'analyse directement implanté en Angleterre ainsi que le développement d'un appareil de nouvelle génération sur lequel SAI serait engagé. «Fabriquer une machine, ce n'est pas notre savoir-faire. Ors, quand on innove il faut créer le marché mais aussi l'environnement technologique. Nous, nous allons nous concentrer sur notre métier, l'analyse biologique!».
Guillaume Ducable
biotechnologies. Pour assurer le développement de sa R & D, la start-up rouennaise veut intensifier son activité de prestation aux industries pharmaceutiques.