L'arrivée à la direction générale de Bruno Marin il y a quelques mois, alors que Philippe Mercier grimpait à la présidence du groupe, n'est pas anodine. Venant de la concurrence, Bruno Marin avait un fonds de commerce plutôt privé. « Dans ce secteur, la culture est différente, l'accompagnement est plus étroit, il faut participer à la conception du projet », note ce dernier. Le bon profil pour accompagner la transformation de Betem, qui évolue aujourd'hui sur un marché à 60 % dans le secteur privé - contre 20 % il y a vingt ans.
Six filiales métiers
« Nous devons être créateur de notre propre activité, susciter nos marchés », commente le p-dg Philippe Mercier. Cette mutation, engagée depuis plus de deux ans, s'est traduite par une accélération dans la création de filiales métiers, en support des filiales du groupe - Betem emploie 200 personnes dont 50 à Toulouse, avec 12 filiales en France, une en Guyane et une au Cameroun. Six filiales métiers dotées de compétences transverses sont sur pied : Betem XD experte en modélisation 3D bâtiment et Betem Infrastructures créées en février 2016, CFERM pour le volet exploitation maintenance, transition énergétique (racheté à Paris en 2015), PCA pour la prévention sécurité incendie, Territorial Consultant pour la programmation et la conduite d'opérations assistance à maîtrise d'ouvrage, Chapelle sur le géoréférencement et la topographie. « Nous voulons être capables d'amener une offre globale à nos clients, de la recherche d'investisseurs jusqu'à l'exploitation des bâtiments, en passant par la performance énergétique », commente Philippe Mercier. Avec comme fil rouge une véritable offre de services, « comprendre la problématique des clients et mettre en place des stratégies. »
500 salariés en 2020
Certaines filiales sont arrivées dans le groupe par rachats : Betem veut continuer à grossir en taille pour atteindre 500 personnes en 2020 et plus de 45 millions d'euros de chiffre d'affaires - contre 17 millions d'euros l'an dernier. Il s'agit de renforcer sa présence dans le Sud-Est (Aix et Cannes), Lyon, Bordeaux et Paris. Pas forcément à Toulouse où Betem est bien implanté, avec de beaux projets comme l'étude de l'ensemble immobilier qui accueillera le CEA Tech dès 2017 à Labège. Le groupe se positionne aussi sur la 3e ligne de métro avec deux bureaux d'études concurrents (SETI et OTCE) réunis au sein du GIE t2m dans le cadre du Small Business Act. Une petite dizaine d'opérations démarre actuellement dans la région, pour des clients du secteur de la santé, de l'industrie et du tertiaire.
Stratégie raisonnée à l'export
Une taille critique, les outils adéquats, Betem souhaite aussi être plus visible pour asseoir son positionnement à l'export (moins de 10 % du CA). La stratégie du groupe toulousain est d'accompagner les industriels français dans leur déploiement à l'international et de capter des opportunités. Au Cameroun, où une filiale a été créée en novembre suite à un contrat gagné en association avec Veolia, Betem prospecte d'autres affaires sur la région élargie de l'Afrique de l'ouest. « Nous discutons avec Thales et Airbus pour du conseil en ingénierie à l'export », confie le dirigeant. Mais l'objectif n'est pas de s'implanter tout azimut. Plutôt de « créer un réseau mondial de collaborations et de bonnes pratiques. »
Betem
P-dg : Philippe Mercier Dg : Bruno Marin 200 salariés CA 2015 : 17 millions d'euros www.betem.fr