Bernard Kleynhoff est l'un des plus ardents défenseurs de l'industrie dans les Alpes-Maritimes. Président de l'Association de partenaires pour la promotion industrielle de la Méditerranée (Appim), il s'est d'ailleurs vu confier la responsabilité de l'élaboration du Livre blanc de l'industrie azuréenne par Christian Estrosi, ministre en charge de l'Industrie. C'est que le quinquagénaire a le profil idéal pour cette mission, puisqu'il porte à la fois les casquettes de chef d'entreprise et de militant associatif.
«La croissance à tout prix, ce n'est pas mon truc»
Côté entreprise, Bernard Kleynhoff est connu pour avoir créé la société spécialisée dans la tôlerie Berkley Packaging en 1993, à Carros. Origine de ?Berkley?? «Vous pouvez le deviner facilement...», sourit l'industriel. Aucun lien avec une quelconque université ou actrice américaine, c'est la contraction des premières syllabes du prénom et du nom de l'entrepreneur. Une dénomination qui s'est aussi accolée à l'ex-société Cavallaro, qui est devenue Berkley Peintures quand Bernard Kleynhoff l'a rachetée, en 1999. Aujourd'hui, le dirigeant emploie près de trente personnes. Mais le Monsieur Industrie ne cherche pas à bâtir l'empire azuréen de la filière de la tôlerie. «J'ai juste une volonté de stabilisation, pas de tout dévorer sur mon passage, insiste-t-il. Je cherche à être plus performant mais la croissance à tout prix, ce n'est pas mon truc.»
Bénévole sur toute la ligne
Son «truc», c'est l'engagement associatif au profit du développement économique. Et l'entrepreneur ne fait pas les choses à moitié. Il s'engage à tous les échelons de la vie professionnelle, dès la formation puisqu'il est, entre autre, membre de l'association française pour le développement de l'enseignement technique (AFDET). Mais son principal engagement, c'est celui à l'Appim, dont il est président depuis 2005. Cofondateur du réseau, il arrive au terme de son deuxième mandat et avoue ne pas vouloir se représenter. Pas par ras-le-bol, mais parce qu'il n'a pas «vocation à être président à vie». Il continuera d'ailleurs à s'investir. C'est Daniel Sfecci, dirigeant de la société Select junior décolletage, qui est pressenti pour lui succéder. Mais tout dépendra de l'avis du conseil d'administration.
«L'i
ndustrie est un moteurde l'économie»
Bernard Kleynhoff aura mené une action des plus valorisantes au cours de ce dernier mandat: l'élaboration du Livre blanc de l'industrie azuréenne (lire interview). Une mission dont il se réjouit. «La dernière politique industrielle de la France date de Pompidou», s'offusque le professionnel, qui voit en ce travail le signe d'une volonté de renforcer l'industrie. «La crise a prouvé que l'économie du tout financier, tout service n'était pas viable. L'industrie est un moteur de l'économie et la nomination de Christian Estrosi ministre en charge de l'Industrie est une chance pour tous les industriels, et en particulier pour les Azuréens», note-t-il.
Afrique un jour...
Malgré cette double activité, le père de famille réussit à se ménager du temps. «Travailler le week-end n'est pas dans ma culture. Je tiens à être disponible pour ma famille, prendre le temps de jouer au golf avec mes amis...» Un héritage culturel qui lui vient peut-être de ses vingt premières années, passées dans son Maroc natal, dont il garde «des supers souvenirs». L'Afrique et lui, c'est une longue histoire. Au début des années quatre-vingt, il a passé les trois quarts de son temps sur le Continent Noir à vendre du matériel agricole pour une société parisienne dont il était cofondateur. «On a rigolé pendant les voyages en brousse», sourit l'entrepreneur, animé par l'amour du travail.
Bernard Kleynhoff aime le travail, et l'engagement associatif. Deux passions qui façonnent son profil de dirigeant et président de l'Appim et lui ont valu d'être chargé de l'élaboration du Livre blanc de l'industrie
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Lucie Lautrédou