A
u vu des chiffres, Lyon semble être particulièrement attractive du point de vue de l'immobilier d'entreprise ?
Ah oui, après l'île de France, il est certain que Lyon est la première région d'attractivité pour les entreprises et pour les investisseurs immobiliers. De ce point de vue, Lyon est loin devant d'autres métropoles telles Marseille ou Lille. Et ce, pour plusieurs raisons. Une raison géographique d'abord. Lyon a une position centrale en France et en Europe et est très bien desservie par les transports. Regardez, le TGV arrive directement à Part-Dieu, le quartier d'affaires numéro 1 de Lyon. Autre raison de cette attractivité : la présence d'une industrie forte et variée. La force de Lyon est d'avoir su, à la différence d'autres grandes métropoles, diversifier ses activités. Elle s'appuie sur plusieurs pieds. Au final, la combinaison entre la présence de sièges sociaux de grands groupes et un tissu très dense de PME en bonne santé donne un marché de l'immobilier d'entreprise très dynamique à Lyon. Mais il ne suffit pas d'avoir des atouts, il faut savoir les transformer. Il me semble que les élus ont su prendre les bonnes directions.
C'est-à-dire ?
Lyon a su préserver sa capacité à accueillir de grands projets en intra-muros. Ce qui est impossible dans d'autres grandes villes. Des quartiers d'affaires ont été définis : Part-Dieu historiquement et désormais Gerland, Confluence et Carré de Soie. Des centaines de m² peuvent être disponibles, très vite. Aujourd'hui, les entreprises souhaitent se grouper dans des quartiers dédiés. Lyon l'a bien compris et les efforts sont payants. Récemment, EDF a signé pour 20.000 m² à Gerland. RTE pour 15.000 m² à Gerland également. Adecco va prendre 13.000 m² au Carré de Soie... Ces installations ont été rendues possibles parce que le terrain avait été préparé et que l'offre existait. Part-Dieu reste un grand pôle néanmoins.
Quels sont les chiffres pour
2014 ?
L'année dernière, sur la métropole de Lyon, 240.000 m² de bureaux ont été placés. À titre de comparaison, à Marseille, c'était 126.000 m² et 166.000 m² à Lille. Pour les locaux industriels, 330.000 m² ont changé d'occupants en 2014.
Ces chiffres traduisent donc aussi l'adéquation entre l'offre et la demande ?
Dans notre métier, nous considérons qu'un taux de vacance de 5 à 6 % est un taux parfait. En deçà, cela ne permet pas de répondre à la demande de manière fluide. Au dessus, cela signifie que l'offre est trop importante. À Lyon, nous sommes sur un taux de vacance d'un peu moins de 6 %. C'est donc parfait !
Tout est vraiment si parfait à Lyon ou peut-on évoquer quelques pistes d'amélioration ?
Oui évidemment qu'il y a encore des points à développer. Par exemple, nous sommes sur un passage à vide concernant les programmes permettant d'accueillir des PME. Il faut que les collectivités libèrent du foncier pour mettre en oeuvre de nouvelles zones d'activités. Si rien n'est fait dans les deux prochaines années, nous nous trouverons dans une situation de pénurie. Autre axe d'amélioration : il faudrait continuer à améliorer les transports sur l'Est Lyonnais car l'épicentre industriel de Lyon va se décaler de plus en plus vers l'Est.
Pour Benoit de Fougeroux, président de la FNAIM Entreprises du Rhône, en matière d'immobilier d'entreprise, Lyon est la première métropole française après Paris. Tant pour les investisseurs immobilier que pour les entreprises. Interview.