Barral : Le spécialiste de l'olive gagne en notoriété

Barral : Le spécialiste de l'olive gagne en notoriété

Grâce au label «Saveur de l'année», fraîchement estampillé sur sa gamme bio, l'entreprise carrossoise trône en tête de gondole et savoure son succès.

Les victoires ont souvent un goût bien particulier. Celle de Barral fleure bon l'été et la Provence. «Le jury a reconnu que nos olives étaient appétissantes et goûteuses, s'enthousiasme Louis Barral, dirigeant de la société. Ce prix conforte notre travail et nous permet de fidéliser la clientèle.» Autre avantage de poids: l'impact commercial d'un tel logo. Selon un sondage de l'institut BVA, réalisé en septembre dernier, la présence du label «Saveur de l'année» sur un emballage permettrait de booster considérablement le chiffre d'affaires d'une marque. 80% des distributeurs attestent des retombées positives enregistrées en terme de ventes. «Nos olives bio ont tout de suite très bien fonctionné, confirme Louis Barral. Sans faire de publicité, nous sommes parvenus à des résultats étonnants. Nous avons d'ailleurs été les premiers à miser sur l'olive issue de l'agriculture biologique. Depuis, le marché s'est ouvert à la concurrence, mais nous affichons toujours le meilleur rapport qualité/prix.» Un souci d'excellence qui se traduit tout au long de la chaîne de production. Avec 6.000 tonnes d'olives par an, Barral est le premier conditionneur localisé en France. Il distribue une gamme complète d'olives et d'huiles d'olive pour la grande distribution et la RHF (restauration hors foyer). 70% de son chiffre d'affaires est réalisé en GMS (grandes et moyennes surfaces), où il détient 23% des parts de marché dans la vente d'olives.




Entreprise 100% familiale

À l'origine, Barral était implanté au coeur du quartier du port à Nice. «Mon grand-père était voyageur de commerce, raconte le dirigeant. Il s'est associé à Messieurs Rinaudo, Majano et Dépo pour fonder la société. Avant la première guerre mondiale, il a racheté toutes les parts. C'est à ce moment-là que Barral est devenue une entreprise familiale.» Depuis, les générations se succèdent. «Ma fille et ma nièce sont arrivées au début des années 2000. Mon gendre nous a rejoints également.» L'affaire tourne à plein régime. Si bien qu'il faudrait des locaux plus grands pour stocker les fûts qui s'entassent par centaines. «Nous en recevons 100 à 150 par jour, prévient Anne-Lise Kröll, la fille du dirigeant. Chaque fût contient jusqu'à 200kg d'olives, en fonction de la variété.» Au sein de l'usine, les machines ont peu à peu remplacé les hommes aux postes les plus ingrats. Une automatisation qui engendre des investissements de plus en plus coûteux. «Nos concurrents ont délocalisé depuis longtemps, constate Louis Barral. Leur main-d'oeuvre est bon marché et le contexte fiscal et réglementaire leur est favorable. Pour nous, la compétitivité passe par l'augmentation du rendement et donc par la mécanisation de la production.» Après la mise en bocaux l'an dernier, un nouveau poste de travail sera automatisé dès le mois d'avril: celui de la mise en cartons et en palettes des sachets. Le montant des travaux devrait avoisiner les 500.000 €. Chaque année, 5% du CA (15,5millions d'euros en 2010) est réinvesti en entretien et en nouveaux équipements.




7,8% de croissance

Malgré la crise et la forte saisonnalité de la profession, les résultats de l'entreprise azuréenne restent sur une courbe ascendante. «La consommation d'olives a beaucoup augmenté en Europe, sourit Louis Barral. Les bienfaits du régime crétois ne doivent pas y être étrangers.» Sur le territoire, le volume des ventes est donc satisfaisant. «Nous faisons en sorte de toujours avoir une semaine de stock, précise Anne-Lise Kröll, mais ce n'est pas évident. Deux ou trois camions quittent nos entrepôts chaque jour.» À l'export, où l'entreprise réalise environ 13% de son chiffre d'affaires, les contrats sont parfois plus difficiles à obtenir. «Nous sommes présents dans une trentaine de pays, mais notre marge de progression est importante», concède le dirigeant qui tente actuellement de démarcher la Norvège et la Suède. «Notre but est bien sûr de convaincre des pays à fort pouvoir d'achat de tenter l'aventure avec nous. Les clients à l'export sont toujours plus fidèles que les clients du marché intérieur. Nous avons donc tout intérêt à développer nos affaires à l'étranger.» Si le rayonnement du label «Saveur de l'année» a peu de chance de passer les frontières de l'Hexagone, Barral n'en reste pas moins optimiste. Le spécialiste de l'olive dispose d'arguments convaincants. Ses conditionnements en seaux operculés, lancés avec l'arrivée de la dernière génération, sont par exemple un gage de fraîcheur et de qualité incomparable. Un avantage de poids pour qui veut doper ses ventes à l'international.

Barral



(Carros) Directeur Général: Louis Barral CA Groupe 2010: 15,5M€ 28 salariés Tél: 04.93.29.08.77 www.barral.fr