«Nous avons créé une filiale, Bardoil Energy, basée à Saint-Pierre et Miquelon, au titre de laquelle nous avons demandé une licence nous permettant de faire des recherches de pétrole sur un périmètre baptisé Hermine», explique Guy Bardot, fondateur du groupe éponyme basé à La Ciotat et créé en 2004. «Nous cherchions un endroit pour mettre en place une sorte de démonstrateur de technologies, et j'ai eu l'occasion de rencontrer le directeur développement économique de Saint-Pierre et Miquelon. Nous sommes dans l'attente de l'attribution de la demande de forage. Nous sommes sur des probabilités de trouver du pétrole de l'ordre de 15%. Le taux peut paraître faible, mais les grands champs récemment découverts avaient cette même probabilité», ajoute-t-il. L'entreprise de Guy Bardot est positionnée sur le secteur des équipementiers parapétroliers et dispose en effet d'un savoir-faire particulier sur la fabrication de systèmes à partir de polymères innovants pour pipes rigides et flexibles. «Nous sommes sur une spécialité récente, et dans ce métier nous sommes moins de dix intervenants dans le monde. Nous sommes d'ailleurs les seuls Français. Nous livrons des pièces qui sont essentielles au fonctionnement du système et qui doivent des caractéristiques très pointues. Elles doivent pouvoir résister 25 ans dans de l'eau de mer à 4º par 1.000 à 2.000 mètres de fond».
Conception à La Ciotat et production à l'étranger
Les clients de l'entreprise sont les EPCI (Engineering, Procurement, Construction and Installation), des structures clientes des grandes majors (Exxon, Total...) qui sont chargées de la construction des plateformes offshore. «Nous travaillons toujours sur des solutions spécifiques afin de répondre à des demandes précises. Nous sommes ainsi en train de plancher sur un système d'absorbtion de chocs destiné à protéger un pipe-line posé au fond de la mer». Si la conception est effectivement faite à La Ciotat, la production des pièces est quant à elle réalisée dans les pays où seront installés les matériels. «Les grands donneurs d'ordres du secteur pétrolier ont tendance à redevenir des structures publiques (Petrobras, NNPC...) et les États exigent aujourd'hui que les emplois induits par la recherche de pétrole soient créés dans leurs pays. C'est ce qui se passe notamment dans le cas du Brésil, où les droits de douane sont de l'ordre de 40%. Impossible donc d'espérer produire à La Ciotat et ensuite d'exporter les pièces. Dans notre créneau, la production française n'a pas de sens. Nous avons donc adapté notre organisation. La moitié de ce que nous produisons est ainsi fabriquée au Texas, en revanche, les emplois hautement qualifiés se trouvent en France. Notre pays dispose d'une bonne image dans la technologie et c'est un plus», commente Guy Bardot, qui mise aujourd'hui sur d'autres secteurs et notamment celui des énergies marines renouvelables. «Il y a des demandes pour d'importants champs éoliens en Mer du Nord. Ce sont autant de raccords, autant de câbles à installer». Le groupe va constituer en 2012 une nouvelle filiale, DTS, dont la mission sera de faire du préassemblage de certains éléments afin de pouvoir proposer aux clients des systèmes complets. «Nous abordons aujourd'hui notre seconde phase de croissance». Pour 2012, Guy Bardot envisage en effet de doubler son chiffre d'affaires.
Bardot Group
La Ciotat Guy Bardot 30 salariés CA: 2M€ 04 84 25 23 43 www.bardotgroup.com