Pour Nicolas Tavernier, président du comité des banques de Gironde, les banques jouent collectivement le jeu du crédit et prennent avant tout en compte les projets et le discours de ceux qui les portent.
Les banques régionales ont publié des bilans financiers satisfaisants malgré la crise (voir tableau). Comment expliquez-vous ces chiffres?
Les banques françaises réalisent 50% de leur activité avec la banque de détail, 20% avec l'assurance et les services spécifiques et 30% avec l'asset management et la BFI, la banque de financement et d'investissement. La crise n'a touché qu'une petite partie de la BFI. De plus, le PNB d'une banque représente 10 ans de travail car les crédits que nous accordons courent sur 5, 10, 15 ou 20 ans. Le poids du stock est important.
Si les banques affichent des encours en hausse, on leur reproche de soutenir les grandes entreprises et de délaisser les TPE.
Nous ne raisonnons pas en terme de petites et grandes entreprises, mais en terme de niveaux de risques. Toutes les entreprises ont une cotation Banque de France et Bâle II et celle-ci n'a pas de rapport avec la taille. Cela dit, il y a souvent une corrélation entre la taille et le risque, les grandes entreprises ayant la plupart du temps des niveaux de fonds propres plus élevés qui produisent une cotation plus favorable. À côté de cela, nous traitons des projets sur des besoins d'investissement. Et nous n'avons pas modifié notre politique de distribution du crédit. Nous regardons le bilan et surtout le projet ainsi que le discours et l'implication de celui qui le porte. Sur la question du besoin de trésorerie, les banquiers ont intérêt à accompagner leurs clients. Et ceux-ci doivent accepter la transparence.
Pourquoi un dossier qui est recalé par un conseiller financier peut-il être débloqué par le médiateur du crédit?
81% des dossiers du médiateur sont résolus en Aquitaine. Les conseillers en agence ont un regard et les personnes qui interviennent dans la médiation peuvent avoir une analyse différente. Pour débloquer un dossier, les parties prenantes de la médiation exigent un rééquilibrage de la relation, qui peut passer par une plus grande domiciliation du chiffre d'affaires dans la banque concernée. Mais la plupart des dossiers représentent des sommes limitées.
75% des dossiers qui arrivent au médiateur en Aquitaine proviennent de seulement trois banques. Certains établissements jouent-ils moins le jeu?
Chaque banque a sa politique de risque. Sur les 12 derniers mois, à fin mars, les encours aux entreprises ont progressé de 6,4% en France. Nous jouons collectivement le jeu.
(1) Au moment de notre bouclage, la Caisse d'Épargne Aquitaine Poitou-Charentes n'avait pas publié son bilan