Banque publique : Les Régions promises à un rôle de leaders
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Banque publique : Les Régions promises à un rôle de leaders

Le bras de fer entre Paris et les régions tourne en faveur de ces dernières. Elles prendront en effet 90% des décisions de la future Banque publique d'investissement.

Cela a été le grand duel politico-économique de l'été. D'un côté du ring, plusieurs présidents de Régions très remontés. De l'autre, le ministre de l'Économie Pierre Moscovici, soumis au lobbying intense des arcanes du Trésor. L'enjeu? Le mode de gouvernance de la future Banque publique d'investissement (BPI) dont François Hollande a annoncé qu'elle sera une des pierres angulaires de sa stratégie de soutien aux PME. La structure a en effet vocation à devenir leur guichet unique en régions pour les questions de financement. Après plusieurs mois de passes d'armes, le bras defer semble avoir largement tourné en faveur des régions, comme l'a concédé Pierre Moscovici lors d'un déplacement à Montpellier. «Dans la pratique, 90% des décisions de la BPI seront prises en régions. Les Régions définiront les orientations et les priorités de la BPI avec l'État, aussi bien au niveau local qu'au niveau national», indique le ministre. Ce poids majeur, les conseils régionaux n'étaient pourtant pas forcément bien partis pour en hériter. Les conclusions de la mission de préfiguration de la BPI, remises en juin à Bercy, leur offraient plutôt des strapontins de participants aux conseils d'orientation de la banque. Mais pas des fauteuils de décideurs, plutôt réservés à des fonctionnaires de l'Etat. Plusieurs présidents étaient alors montés au créneau, à l'image d'Alain Rousset, le président de l'Association des régions de France et président de la Région Aquitaine. «La future BPI doit être un outil essentiel pour le financement des entreprises mais ne doit pas être un simple rapprochement entre Oséo et le Fonds stratégique d'investissement. Une clarification des rôles de l'Etat et des régions est nécessaire. Il faut un pilote dans l'avion, les régions peuvent le faire», attaquait-il. Un plaidoyer qui a depuis trouvé un écho auprès de Pierre Moscovici, qui devrait prendre en compte plusieurs revendications des régions. A commencer par l'attribution de vrais pouvoirs au comité d'orientation, dont elles ont déjà obtenu la présidence. «Nous voulons être aussi présents au comité d'engagement des prêts», indique Jacques Auxiette, président de la Région des Pays de la Loire.




Capacité d'investissement de 30milliards

Maintenant, il faudra patienter un peu pour découvrir la forme définitive de la BPI, dont le profil devrait être présenté en conseil des ministres dans le courant du mois. Alain Rousset a, lui, déjà plaidé pour la mise en place d'une holding contrôlée par la Caisse des dépôts et l'État. Celle-ci contrôlerait l'action d'Oseo, du Fonds stratégique d'investissement et de CDC Entreprise. Les régions devaient alors siéger au conseil d'administration de la holding. Quant aux moyens, ils sont, eux, connus. «La BPI aura une capacité propre d'investissement dans le financement de l'économie de plus de 30milliards d'euros, à la fois en prêts et en capital», a d'ores et déjà indiqué le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. L'initiative intéresse en tout cas beaucoup à l'étranger. À l'heure où nous écrivons ces lignes, iTélé indique que le Qatar pourrait injecter des fonds conséquents dans la BPI française. Et de l'autre côté de la Manche, le gouvernement britannique prépare également une banque publique vouée à soutenir les PME. Celle-ci pourrait voir le jour sous un an et demi, avec une capacité de financement qui pourrait monter jusqu'à dixmilliards d'euros.

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