Une longue histoire que celle qui unit les Toulousains à la Banque Courtois. Institution du paysage bancaire national comme de l'économie régionale, l'établissement que dirige Dominique Chastel depuis presque dix ans fêtera son 250e anniversaire en 2010. Champagne, banquet voire feu d'artifice en perspective au numéro33 de la rue de Rémusat? Peu probable. «Nous organiserons sans doute quelque chose mais ce sera en direction de notre clientèle», se contente de répondre Dominique Chastel. De son passé de banque privée, la Banque Courtois a semble-t-il gardé une certaine culture de la discrétion. Loin du matraquage médiatique auquel se livrent les uns pour récupérer les clients mécontents des autres ou capter les primo-accédants à l'épargne - mieux, à la propriété -, la Banque Courtois mène sa barque, confiante. «Deux nouveaux clients sur trois nous rejoignent par recommandation», se plaît-on à rappeler ici, sans perdre de vue que rien n'est jamais acquis. La clé, pour conserver ses quelque 150.000 clients actuels, est la même que celle qui lui en amène de nouveaux: la proximité. «Ce n'est pas qu'un simple argument commercial, assure le président du directoire. Un peu à la manière d'une PME régionale, elle se traduit par une organisation spécifique qui veut que deux échelons maximum séparent la direction de la clientèle: chaque client bénéficie d'un conseiller dédié, joignable directement par téléphone ou par mail, ces conseillers étant eux-mêmes managés par des directeurs de groupes d'exploitation (sept au total, ndlr) qui sont tous au comité de direction.»
Le Crédit du Nord, partenaire historique
Une organisation pas forcément évidente à préserver dans le contexte de globalisation qui a poussé bon nombre d'établissements de taille moyenne à s'adosser à des colosses bancaires. Très convoitée au début des années 90, la Banque Courtois a choisi le giron du Crédit du Nord, en février1992. «Un partenaire historique (il est entré au capital de la Banque Courtois au sortir de la seconde guerre mondiale, ndlr) qui, surtout, nous ressemblait», souligne Dominique Chastel. À l'époque détenu par Paribas, le Crédit du Nord rejoindra, cinqans plus tard, le groupe Société Générale. «Cela n'a rien modifié à nos relations. L'autonomie du groupe Crédit du Nord reste totale vis-à-vis de cet actionnaire.»
Des clients en quête d'écoute et de confiance
Qu'en est-il de cette autonomie au sein du groupe? «Nous sommes maintenant sept banques régionales à composer le Crédit du Nord (Banque Courtois, Banque Kolb, Banque Laydernier, Banque Nuger, Banque Rhône-Alpes, Banque Tarneaud, Crédit du Nord, ndlr) et chacune d'entre nous a les commandes en local pour tout ce qui concerne la gestion de personnel, la politique commerciale, la logistique, etc. Seuls les deux postes les plus lourds - l'informatique et la marketing produits - ont été mis en commun.» Un modèle qui semble faire ses preuves dans le contexte actuel:+2,3% de clients sur le marché des particuliers au niveau du groupe au premier semestre 2009,+5% sur celui des professionnels,+1,1% sur celui des entreprises. «Les gens sont beaucoup plus attachés à la relation client qu'on ne le pense. Ils attendent de leur banque une écoute, des services personnalisés et surtout un lien de confiance.» Autant de valeurs refuges en temps de crise.
De Bordeaux à Montpellier et de Biarritz à Perpignan, en passant par Toulouse, son siège historique, la Banque Courtois gère ses 92agences du Grand Sud-Ouest àla façon d'une PME régionale.
Aline Gandy