Axe Seine : Quel rôle pour les entreprises?
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Axe Seine : Quel rôle pour les entreprises?

Réunies à Versailles le 18novembre dernier, les CCIT de Rouen, LeHavre, Versailles, Paris, et les CCIR de Haute-Normandie et de Paris-Ile-de-France ont voulu marquer le projet Axe Seine au fer de l'économie.

En organisant leur grand raout versaillais le 18novembre dernier, les CCI voulaient faire entendre la voix des entreprises dans le débat sur l'Axe Seine et au-delà peser, disaient-elles, sur le contenu du rapport définitif que le Commissaire général au développement de la Vallée de la Seine, Antoine Rufenacht, doit remettre au Premier ministre en mars prochain. Invité à conclure ces premières rencontres consulaires, l'ancien maire duHavre aura en bout de course réussi à refroidir l'enthousiasme de ses hôtes consulaires: confirmant que la question de la gouvernance de ce territoire hétéroclite et plurirégional était primordiale, il a annoncé la mise en place dès le 24novembre d'une conférence, certes provisoire, réunissant les trois préfets de région concernés (Haute et Basse-Normandie et Ile-de-France), les présidents des Conseils régionaux, des Conseils généraux, des Ceser ainsi que des grandes agglomérations (Paris, Rouen, LeHavre et Caen). Une liste bien fournie à laquelle manquent -cruellement- à l'appel les chambres de commerce. «Trop compliqué», justifie en substance Antoine Rufenacht, «car il aurait fallu convier aussi les chambres d'agriculture et les chambre de métier»! De là à dire que l'opération de lobbying consulaire peine à atteindre ses objectifs...




Marquer la dimension économique du proje

t Avant même la tenue de ce rendez-vous versaillais, le président de la CCIR de Haute-Normandie Jean-Pierre Desormeaux entendait «marquer la dimension économique du projet au-delà de sa dimension ferroviaire», allusion au débat public en cours sur la Ligne Nouvelle Paris-Normandie (LNPN). Son ambition comme celle de ses partenaires consulaires, était donc de «faire prendre conscience aux entreprises des opportunités qui existent à l'échelle de ce territoire». Ce message-là est semble-t-il passé puisque pas moins de 650 personnes se sont déplacées au Palais des Congrès de Versailles pour assister aux débats. Des débats organisés autour de quatre thématiques sur lesquels s'appuie un rapport interconsulaire réalisé pour l'occasion et qui rangent parmi les atouts de l'Axe Seine les filières d'excellence que sont l'énergie, la gestion des déchets, la mobilité ou encore la logistique. Un rapport qui pointe notamment la nécessité de finaliser le projet de plateforme logistique d'Achères, de réaliser le contournement Est de Rouen ainsi que la liaison entre Port 2000 auHavre et la Seine (projet EMERHODE).




Un destin économique commun?

En filigrane, on décèle cependant la volonté des représentants des CCI normandes de s'accrocher fermement au wagon parisien en «associant le destin économique de l'Ile-de-France à celui de la Normandie, et vice-versa», explique Jean-Pierre Desormeaux. Des partenaires franciliens «qui au début étaient polis, puis curieux et maintenant acteurs», résume Vianney de Chalus, le président de la CCIT duHavre. Sur le constat, Yves Fouchet, président de la CCIR Paris Ile-de-France et de la CCIT de Versailles-Val d'Oise-Yvelines, affiche des positions qui ne diffèrent pas de celles de ses homologues normands: «il est impératif que le monde économique s'exprime car il n'y aura pas de richesse sans entreprises, sans valeur ajoutée». Mais l'enjeu, vue de la Capitale est peut-être un peu différent de ce qu'il est vu de Rouen ou duHavre: pour Philippe Fanartzis (groupe Paprec), «il faut raisonner Axe Seine et canal Seine-Nord-Europe car ce n'est pas en restant isolé que l'on se développe!» Un canal qui peut être «un atout mais aussi une facilitation pour le port d'Anvers», reconnaît Claude Gressier, le président du Conseil de coordination interportuaire de la Seine.



Guillaume Ducable


www.axeseine-cci.fr

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