Guillaume Thomas, vous êtes associé au sein de Kairos Groupe à Rennes. Présentez-nous Kairos et son concept.
Kairos est un réseau de 30 associés fondé à Strasbourg par Philippe Miksa. Nous sommes des experts qui apportons nos compétences à coûts accessibles aux PME, pour des fonctions de direction, en temps partagé. Il peut s’agir de postes de DG, DGA, DAF, DRH, mais aussi de direction marketing ou de direction commerciale. Cela signifie que chaque expert signe un contrat avec plusieurs entreprises en même temps, pour lesquelles il assure des fonctions de direction externalisée, sans travailler sur des jours fixes. Nous faisons en quelque sorte du "plug and play", puisque nous sommes directement opérationnels en arrivant dans une entreprise.
Pourquoi cette ouverture d’agence à Rennes ?
Jusqu’alors, Kairos était présent à l’Est et au Sud de la France et disposait d’un bureau à Bordeaux. Rennes permet de couvrir une zone qui va de la Bretagne aux Pays de la Loire et à la Normandie, pour développer cette offre disruptive à des fonctions de direction.
Ce modèle existe-t-il ailleurs ?
Cela existe à l’étranger, comme aux États-Unis. Mais en France, nous avons encore la culture du CDI, qui est très présente. Cela tend à changer avec l’arrivée des nouvelles générations, plus attachées à leur liberté, à la souplesse, à la volonté de changer d’entreprise souvent, de choisir leur lieu de travail.
Quelle est la différence avec le modèle d’un groupement d’employeurs ?
Ces structures emploient un salarié en CDI qu’elles mettent à disposition de plusieurs entreprises sur des jours précis, pour un temps donné. Nous, nous exerçons en notre nom, bénéficions de la licence de marque de Kairos, et nous fonctionnons à l’objectif. Le prix est donc un abonnement mensuel, peu importe le temps passé. Il est défini lors de la signature du contrat, et cela varie globalement entre 6 000 et 10 000 euros par mois en fonction du projet et du poste. Cela représente 72 000 euros par an minimum, ce qui est la moitié d’un salaire en CDI chargé pour l'emploi d’un directeur commercial expérimenté par exemple. C’est donc avantageux pour l’entreprise.
Outre le coût, quels sont les autres avantages du Codir en temps partagé ?
Cela permet à une PME de ne pas s’engager sur un CDI, et de bénéficier de l’expertise stratégique d’un directeur qui a vingt ans d’expérience. Nous pouvons aussi lutter contre l’isolement du dirigeant dans ses choix stratégiques, en lui apportant un accompagnement.
Quelle est la différence également avec un directeur à temps partiel ou un manager de transition ?
Là encore, nous ne sommes pas payés à la journée et sommes disponibles en permanence pour l’entreprise et ses collaborateurs. Ce n’est pas non plus comme le management de transition, qui concerne souvent une mission spécifique, limitée dans le temps, liée en général à une restructuration de l’entreprise.
Quelles tâches réalisez-vous pour vos clients et quels profils ont-ils ?
Nous sommes réellement présents dans l’entreprise. Nous mettons en place des outils de pilotage, réalisons des rendez-vous commerciaux par exemple. Concernant nos clients, il s’agit de PME, qui n’ont pas encore les moyens de se payer un Codir. Nous voulons accompagner des entreprises locales dans leur développement en France et à l’international, mais nous pouvons aussi travailler pour des entreprises étrangères qui se développent en France, ou pour des entreprises qui préparent leur cession.
Comment êtes-vous perçu par les salariés des entreprises pour lesquelles vous travaillez ?
Les salariés ne sont pas censés se rendre compte que nous travaillons en temps partagé puisque nous sommes disponibles complètement. Il faut simplement que le dirigeant nous présente bien comme quelqu’un qui intègre l’entreprise, car c’est le cas.
Recrutez-vous ?
La création de l’agence s’accompagne de la constitution d’un comité de direction local. Nous recherchons d’autres associés pour des postes de directeur général adjoint, DAF et DRH.