Geodis compte sur Malherbe pour changer d'échelle dans le transport routier français. Finalisée fin mars après l'autorisation des autorités réglementaires, l'acquisition du groupe normand doit permettre à la filiale de la SNCF de se positionner parmi les trois premiers acteurs français du transport en demi-lots et lots complets.
L'opération donne naissance à un ensemble représentant près de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur ce segment.
Pour Geodis, qui a réalisé 10,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, l'acquisition répond aussi à une stratégie de diversification de son activité routière.
Malherbe renforce Geodis dans l’Ouest
Malherbe apporte notamment à son nouveau propriétaire une implantation territoriale complémentaire.
Le transporteur basé à Rots, dans le Calvados, dispose d'une quarantaine de sites, avec de fortes positions en Normandie, Bretagne et Pays de la Loire. À l'inverse, l'activité Route de Geodis est historiquement davantage présente dans le Nord, le Nord-Est et en Rhône-Alpes.
Malherbe représente également plus de 3 000 collaborateurs et une flotte propre de près de 1 500 camions.
Cette flotte constitue un actif stratégique pour Geodis, qui veut renforcer son modèle de transport opéré avec ses propres véhicules.
Un marché du froid d’environ 450 millions d’euros pour Malherbe
L'autre enjeu majeur du rapprochement concerne le transport sous température dirigée.
Cette activité représente près d'un tiers du chiffre d'affaires transport de Malherbe, soit environ 450 millions d'euros, selon le Journal du Poids Lourd. Le groupe normand dispose notamment de positions importantes dans l'alimentaire, l'agroalimentaire et la grande distribution.
Pour Geodis, cette expertise permet de réduire sa dépendance à des marchés industriels comme l'automobile, la sidérurgie ou la chimie, considérés comme structurellement moins dynamiques, et de renforcer sa présence dans des secteurs jugés plus résilients.
L'entreprise veut désormais construire une offre capable de couvrir aussi bien le transport à température ambiante que le transport frigorifique.
De nouvelles acquisitions pourraient suivre
L'intégration de Malherbe pourrait d'ailleurs ne constituer qu'une étape.
Geodis envisage à terme de densifier son maillage dans le transport frigorifique grâce à d'autres acquisitions ciblées. Dans l'immédiat, les prochains mois doivent être consacrés à l'intégration de Malherbe et à l'identification des synergies entre les deux entreprises.
Des opportunités sont notamment recherchées dans les achats, les négociations commerciales et la vente croisée auprès des clients des deux groupes.
Geodis étudie également le développement de plateformes de cross-docking destinées aux opérations de groupage et de distribution de produits frais.
3 000 conducteurs et neuf stations de recharge
Le rapprochement permet par ailleurs au nouvel ensemble de réunir environ 3 000 conducteurs.
Geodis et Malherbe veulent également mutualiser leurs investissements dans la décarbonation des flottes. Les deux entreprises utilisent déjà différentes solutions alternatives au diesel conventionnel, notamment le B100, le HVO et l'électrique.
Elles disposent ensemble de neuf stations de recharge en France, avec l'objectif d'accélérer notamment l'électrification du transport frigorifique.
Pour Geodis, le rachat du transporteur normand doit donc servir plusieurs objectifs simultanément : gagner des parts de marché, renforcer son implantation dans l'Ouest, développer le transport frigorifique et optimiser son parc de véhicules.