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Avec l’acquisition de Chriso, le Groupe Littoral complète sa palette
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Avec l’acquisition de Chriso, le Groupe Littoral complète sa palette

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Basé à Sète, le Groupe Littoral, spécialiste de la palette, vient de reprendre Chriso (Saint-Thibéry). Il se dote ainsi d’un outil lui permettant de gérer les déchets de bois. Avec cette acquisition, l’entreprise héraultaise complète son panel de métiers, maîtrisant la chaîne, de l’amont à l’aval.

Benjamin Dugrip, P.-D.G. du groupe Littoral, a créé la société en 2008 à 23 ans. Le groupe compte aujourd’hui cent collaborateurs — Photo : Rémi Hagel

Depuis le 1er janvier 2025, la société Chriso a intégré le Groupe Littoral (100 collaborateurs, 11 M€ de CA consolidé), spécialisé dans la fabrication et le réemploi de palettes et de caisses de bois. Basée à Saint-Thibéry (Hérault), Chriso était une entreprise de taille modeste de 6 salariés pour un chiffre d’affaires d’un million d’euros. Mais son potentiel et ses métiers ont conquis le groupe sétois, qui complète son portefeuille avec ce nouveau site. Chriso représente le dernier maillon de la chaîne, puisqu’il dispose d’outils de broyage du bois. Les déchets ultimes de bois non réutilisables vont pouvoir être broyés et commercialisés auprès de collectivités ou de paysagistes pour du paillage ou des chaufferies.

Du foncier, à valoriser

En outre, Chriso assurait un contrat de prestation de service pour l’entretien des palettes du groupe LPR - La Palette Rouge (385 M€ de CA 2023, 371 collaborateurs, basé à Toulouse). Le Groupe Littoral a déjà l'expérience de la location-gestion de palettes sur d'autres sites. Elle est amenée à se développer. Chriso, désormais rebaptisé GL Prestations, c’est aussi 2 500 m2 de hangar servant à stocker les marchandises des clients. Cette activité va continuer. Le site s’étend sur 15 000 m2, dont moins de 9 000 m2 sont utilisés. "Il y a un gros potentiel. Nous avons acheté ce foncier, pour faire du développement", explique Benjamin Dugrip, PDG et créateur du groupe. Trois premiers recrutements ont eu lieu, quatre ou cinq supplémentaires sont prévus pour 2025. Cette acquisition vient ainsi affermir l’objectif d’autonomie recherché par ce jeune chef d’entreprise depuis qu’il a créé son activité en 2008.

Une création ex nihilo

Benjamin Dugrip a monté seul sa société de réparation et revente de palettes, Littoral Palettes. Il a ensuite développé la fabrication de palettes sur mesure. L’activité s’est accélérée en 2013 quand Littoral Palettes a ouvert un centre de service sur un deuxième site à Sète, pour le compte de Chep France, loueur de palettes (266 M€ de CA 2023, 243 collaborateurs, 26 sites en France). "Il a fallu traiter 6 000 à 7 000 palettes par jour, soit une vingtaine de semi-remorques. Nous sommes passés de 5 salariés à 17". Le Groupe Littoral a été créé en 2015. Un site consacré au réemploi de palettes a vu le jour en 2016 à Narbonne (Aude), puis un autre à Montpellier (Hérault) en 2017.

La scierie Jalles, dans les Cévennes, alimente en bois tous les sites du groupe — Photo : Groupe Littoral

Deux millions d’euros injectés pour rénover la scierie

C’est en 2020 que la stratégie de filière a commencé à prendre sens lorsque le groupe Littoral a racheté la scierie Jalles à Bessèges (Gard). Il s’agissait d’une petite structure sur le déclin, avec seulement 6 salariés et 900 000 euros de chiffre d’affaires. "Nous avons investi 2 millions d’euros pour améliorer les conditions de travail (couler une dalle de béton de 3 000 m2, installer un système d’aspiration des poussières), et moderniser l’outil de production avec des machines automatiques". Aujourd’hui, le site emploie 15 personnes pour un chiffre d’affaires d’1,7 million d’euros. Il s’approvisionne directement dans les forêts environnantes auprès de l’ONF ou de propriétaires forestiers. La scierie peut alimenter ainsi tous les sites du groupe. "Lorsque j’ai effectué ce rachat, certains m’ont dit que j’étais fou. Avec la crise du bois en 2022, on a vu que cette autonomie était payante".

"Lorsque j’ai effectué ce rachat, certains m’ont dit que j’étais fou".

En 2021, nouveau rachat d’une structure en difficulté : Coelho à Sauvian (Hérault), qui fabriquait des caisses de bois sur-mesure en sous-traitance exclusive pour l'industriel Cameron (groupe SLB), à Béziers. Devenue Littoral Caisserie, l’entreprise est passée de 8 personnes à 15 aujourd’hui, le chiffre d’affaires a grimpé d’un million d’euros à 2,7 millions aujourd’hui. "Nous avons développé l’activité, pour le compte de Cameron, mais nous avons réduit notre taux de dépendance à 70 % en diversifiant nos clients", expose Benjamin Dugrip.

L’extension géographique, prochaine étape ?

Avec 500 000 palettes traitées et réemployées, 200 000 palettes et caisses fabriquées sur mesure et un chiffre d’affaires en constante croissance, le Groupe Littoral est désormais bien assis sur son activité. Pour autant, le dirigeant pense déjà aux pistes de développement. L’extension géographique de la zone de chalandise est sur la table. "Nous pourrions racheter d’autres structures qui exercent la même activité que nous. Nous visons la moitié sud de la France". Par ailleurs, si les bonnes relations avec les acteurs de la location-gestion de palettes se confirment, "nous pourrions créer de nouveaux centres de services avec eux". Les idées ne manquent pas pour le site de Chriso, dont la création d’une activité de production de pellets ou l’installation d’un troisième pôle pour le réemploi de palettes.

Le projet que Benjamin Dugrip prépare patiemment et qui ne verra pas le jour avant 2026 est le lancement d’une gamme d’articles en bois pour les particuliers ou collectivités. Salon de jardin, table d’extérieur, tabouret, tous issus de chutes ou de bois d’exception de la scierie. L’économie circulaire jusqu’au bout.

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