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Avec 80 millions d'euros à Gondreville, La Poste veut consolider ses positions dans la livraison de colis
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Avec 80 millions d'euros à Gondreville, La Poste veut consolider ses positions dans la livraison de colis

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Le groupe La Poste, via sa filiale La Poste Immobilier, vient de lancer les travaux de sa future plateforme Colissimo de Gondreville, près de Nancy. Le nouvel outil, dont l’ouverture entraînera la fermeture des plateformes d’Erstein et de Bar-le-Duc, sera capable de trier jusqu’à 25 000 colis à l’heure.

La future plateforme Colissimo de la Poste à Gondreville va s’installer dans un bâtiment de 19 000 m2 — Photo : La Poste

Moins de lettres, plus de colis. Face à un recul inexorable de son activité courrier, soit -8,2 % sur le dernier exercice, le groupe La Poste (CA : 34,6 Md€ ; 227 000 salariés) adapte son outil industriel pour se mettre en capacité de trier toujours plus de colis : en 2024, les volumes sont ressortis en hausse de 2,7 % pour 2,6 milliards d’objets livrés à l’échelle du groupe. Dans le Grand Est, cette stratégie se traduit par un investissement dans une plateforme de 19 000 m2, basée sur une parcelle de 11 hectares à Gondreville, à proximité de Nancy.

Croissance de 5 % de l’activité liée à la livraison de colis

Pour Stéphane Dubois, actuel directeur de la plateforme Colissimo de Bar-le-Duc et chef du projet de Gondreville, la France a encore une marge de progression significative par rapport à ses voisins européens. Aujourd’hui, l’e-commerce représente seulement "10 à 11 % des achats totaux en France", précise le dirigeant, quand, sur "des marchés matures comme l’Angleterre ou l’Allemagne, ce chiffre atteint 16 à 18 % des achats. Nous avons donc au moins 10 ans de progression continue sur le sur l’e-commerce en France". Et pour capter cette croissance, qui est "au minimum de 5 % par an", La Poste veut augmenter sa capacité de livraison.

60 millions de colis à trier par an

Concrètement, le groupe entend consolider sa position de leader sur la livraison à domicile, dans laquelle La Poste détient plus de 40 % de part de marché, et regagner des parts sur le marché sur les livraisons hors domicile, soit les points relais et les consignes. "Nos clients veulent être livrés de plus en plus vite", insiste Stéphane Dubois. "Donc, la livraison à J + 1 devient progressivement le standard, et la nouvelle plateforme doit nous permettre de répondre." Entre le moment où un colis arrive sur le site et celui où il repart en camion, la configuration de la nouvelle plateforme de Gondreville et sa pièce maîtresse, un trieur à double flux livré par le groupe Fives, devront permettre aux colis d’être traités en quatre minutes. Sur les 60 millions de colis traités chaque année par la plateforme de Gondreville, 40 millions proviendront de toute la France, quand 20 millions viendront des dix départements de la région Grand Est ainsi que de l’Allemagne et du Luxembourg.

Un double trieur capable de traiter jusqu’à 25 000 colis par heure

Étape majeure dans le plan de modernisation des 18 plateformes colis de La Poste en France, la nouvelle plateforme Colissimo Grand Est à Gondreville, la huitième de nouvelle génération, va remplacer deux sites existants et obsolètes : Bar-le-Duc, dans la Meuse, et Erstein, dans le Bas-Rhin. Ces anciens établissements, qui ont respectivement 30 ans et 25 ans, ne sont "plus adaptés à notre niveau d’exigence et l’optimisation de nos traitements de colis et de transport", tranche Stéphane Dubois. Équipées d’outils d’ancienne génération, ces plateformes ne peuvent trier que "7 000 à 8 000 colis par heure, alors que demain, sur la nouvelle plateforme, nous pourrons trier 23 000 colis par heure au lancement puis jusqu’à 25 000 après optimisation". D’après le chef de projet de la plateforme de Gondreville, il aurait été "beaucoup plus cher de mettre à jour les anciennes plateformes que de construire ce nouveau bâtiment".

L’économie de 13 000 kilomètres de transport chaque jour

Bien desservie par le réseau routier, Gondreville devient donc le "barycentre" de l’activité colis du groupe La Poste dans le Grand Est. "Grâce à la localisation de cette nouvelle plateforme, nous allons économiser dans le Grand Est un total de 13 000 kilomètres de transport chaque jour, ce qui représente un gain de 2 300 tonnes de CO2 pour l’activité Colissimo", souligne Stéphane Dubois. L’activité Colissimo du groupe La Poste se positionne déjà comme "leader national en termes de performance carbone, avec 281 grammes de CO² émis par colis transporté", souligne le responsable du projet de Gondreville.

Géothermie et photovoltaïque pour minimiser l’empreinte environnementale

Le bâtiment construit par la Poste veut afficher une empreinte environnementale la plus légère possible. Malgré ses dimensions et ses 109 portes à quai, la structure devrait consommer 40 % d‘énergie au mètre carré en moins par rapport aux anciens sites, grâce notamment à un système de géothermie réversible, couplée à des panneaux photovoltaïques couvrant 30 % de la surface du bâtiment : deux systèmes qui pèsent 2,5 millions d’euros d’investissement. "L’enjeu, c’est de répondre aux aléas liés au réchauffement climatique", précise Stéphane Dubois. Une attention particulière a été apportée aux conditions de travail : 200 personnes, comprenant salariés de La Poste et sous-traitants, seront employées sur le site.

Mise en service programmée à l’été 2027

Le terrassement a débuté le 1er septembre à Gondreville et la construction du bâtiment devrait s’étaler jusqu’en mai 2026. "Ensuite, il faudra installer le double trieur et tous les autres équipements. S’il n’y a pas de retard, tout sera monté pour mars 2027. Nous pourrons alors démarrer une phase de test", déroule le chef du projet de la plateforme de Gondreville. La mise en service est programmée entre mai et juin 2027.

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