« Le dialogue avec la Région ? Quel dialogue ? ». « La méthode peut donner l'impression de brutalité mais ça ne me choque pas. L'immobilisme, on en crève ». Du Medef à la CGPME en passant par les organisations de salariés, l'appréciation sur la qualité du dialogue entre l'exécutif et les organisations paritaires passe de zéro, ou presque, à 10. Pour les représentants des salariés, qui avaient l'habitude de participer, jusqu'à plus soif aux réunions sur les contrats Territoires Emploi Formation, la formation professionnelle, la sécurisation des parcours professionnels, c'est la douche froide. Plus aucune invitation ne parvient dans les boîtes personnelles d'Elisabeth Le Gac (CFDT) Bruno Bouvier (CGT), Arnaud Pichot (FO) ou Robert Carceles (CFE-CGC)). « Nous avons demandé l'organisation d'une conférence sociale, économique et financière : réponse négative » se désole un représentant syndical. « Laurent Wauquiez est en train de casser les structures paritaires. Et on repère une politique clientéliste dans certaines instances » décrit cet autre. « Laurent Wauquiez voulait supprimer le fonds régional d'aide aux entreprises, on l'a sauvé et rebaptisé " Urgence PME " » se satisfait au contraire la CGPME.
Comité Théodule
Étienne Blanc, 1er vice-président du Conseil régional, délégué aux finances et à l'administration générale est élu dans cette institution depuis... 25 ans. À ceux qui l'accusent de bloquer les échanges, d'être dans le refus de co-construire avec les partenaires sociaux, il assume. « Désormais il y a une ligne politique, on ne pratique plus le saupoudrage, laissant filer l'argent par complaisance pour s'offrir la paix. Si, pour les interlocuteurs que vous citez, le dialogue c'est la prise en charge de dépenses de fonctionnement pour le comité Théodule, alors oui, il y a énormément de changement ». Et d'indiquer que « les partenaires ne sont plus financés, pas plus que les écolos ou telle association qui organise un Festival au Burkina-Faso. On doit faire 300 millions d'euros d'économies à la fin du mandat, on en fait 75 millions d'euros cette année. Nous sommes dans l'action plus que dans le dialogue ». Ce qui ne déplaît pas à tous. Comme à Patrick Martin président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes. « Certes à un moment on a pu se demander qui étaient nos interlocuteurs car la période d'audit nous a paru un peu longue. Mais les choses se mettent en place. Le management est beaucoup plus exigeant, plus tonique, on nous demande de démontrer l'efficacité des actions que l'on mène, quels effets la Région en retire en termes d'image. Si c'est positif, on nous répond "continuez, mais faites mieux avec moins". C'est très motivant ».
A.H
Près d'un an après l'installation de la nouvelle majorité à Confluence, l'ambiance paraît avoir changé. Pour certains partenaires sociaux, c'est la douche froide.