C'est un fait. Le nombre de créations d'activités sous le statut d'auto-entrepreneur a chuté dans les Bouches-du-Rhône en fin d'année dernière (lire l'encadré ci-dessous). Faut-il voir dans cette baisse la simple marque de l'atteinte d'un ?point d'équilibre? ou un plus vaste mouvement de défiance vis-à-vis de ce statut qui, depuis sa création en 2009, a fait couler beaucoup d'encre ? Deux ans après, les avis sont en effet toujours aussi partagés. Pour les défenseurs de ce statut, les avantages restent incomparables. «C'est un régime qui permet de démarrer, de tester une activité, un marché, de manière plus souple, expliquait Sylvain Parodi, président du Club des auto-entrepreneurs des Bouches-du-Rhône, lors du salon Génération Entreprendre. Il ne s'agit en aucun cas d'un sous-statut, d'un sous-régime. Un auto-entrepreneur est avant tout un entrepreneur». Pour autant, toutes les activités ne sont pas concernées par ce statut. «Les professions réglementées sont exclues, rappelle Sylvain Parodi. Et dans la pratique, il semble difficile pour des activités purement commerciales de fonctionner sous ce régime, car les seuils maximaux de chiffre d'affaires sont très vite atteints. L'activité de conseil et de service semble à mon sens la plus adaptée ».
Multiplication des dérives
Pourtant, aujourd'hui, si les ambiguïtés qui pouvaient auparavant exister avec le monde artisanal semblent avoir été gommées, certains freins subsistent. Voire certaines dérives. «Nous devons de plus en plus faire la chasse au salariat déguisé, car il existe des entreprises qui ?recrutent? des auto-entrepreneurs à la place de salariés», explique-t-on à l'Urssaf 13. Autre écueil à éviter: «Ces organismes qui profitent du manque de compétence et de connaissance des auto-entrepreneurs pour leur faire payer des prestations inutiles», dénonce Vincent Feline, de l'Ordre des experts-comptables Pacac. Au-delà de ces dérives, les professionnels de la création d'entreprise semblent unanimes sur un point: l'auto-entrepreneuriat reste dans tous les cas un statut transitoire. Avec au centre de la problématique, une question simple à se poser, selon André Gatto, de la CCI Marseille Provence: «Avant de penser à mon statut, ai-je vraiment bâti un projet solide et viable?».
Débat Alors que le recours au statut d'auto-entrepreneur semble amorçer un mouvement baissier dans le territoire, le point sur l'état des débats autour de ce régime.