«Prendre l'A 47... Autant jouer au poker!» Cette phrase lâchée par le directeur général de Gibaud, Frédéric Baudouin résume parfaitement le désarroi des PME ligériennes à l'égard de l'inadaptée et très accidentogène autoroute qui relie Saint-Étienne à la capitale des Gaules. Comment nos entreprises peuvent-elles espérer gagner le pari du développement à l'international en étant situées à 1h30 de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry... 50 minutes dans le meilleur des cas? Dans une économie mondialisée, où la course à la compétitivité et à la rentabilité fait rage, comment peut-on encore laisser nos entreprises perdre du temps, de l'argent et leur capital humain avec une infrastructure d'une autre époque? Autant leur dire de courir avec un boulet accroché au pied! La solution? L'A 45! Véritable arlésienne dont on parle depuis plus de 30 ans, cette autoroute doit placer Saint-Étienne à 35 minutes de Lyon. «Cet équipementse fera» lançait le 6septembre dernier, Nicolas Sarkozy, en visite dans la Loire. «L'A 45 se fera» a confirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, dans une lettre adressée au préfet de Région Jean-François Carenco. Elle se fera... Oui, mais quand et avec quel argent? Évaluée à 1,2 milliard d'euros, l'A 45 devra faire l'objet d'une subvention d'équilibre de 700millions d'euros. L'État en prendra la moitié à sa charge et invite les collectivités concernées à s'accorder sur la clef de répartition des 350millions restants. Toute la difficulté va donc consister à convaincre les élus du Rhône à participer au financement d'une autoroute qu'ils ne veulent pas voir déboucher sur Lyon. Autant jouer au poker! @email
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