Attractivité : L'agence régionale prend forme

Attractivité : L'agence régionale prend forme

développement économique L'agence regroupant notamment Alsace International et le Comité régional du tourisme devrait voir le jour officiellement en mars prochain. Rencontre avec Philippe Choukroun, qui va en prendre la direction.

Il fallait bien y aller. L'échec du référendum du 7 avril dernier n'aura pas eu raison du projet de fusion des agences de développement économique et touristique de la région. Il l'aura simplement amputé de deux pièces maîtresses, l'Adira et le Cahr, les agences du Bas-Rhin et du Haut-Rhin qui, depuis, se sont repliées fortement sur leurs territoires respectifs. Et dont les élus des deux départements ont fait une cause quasiment politique : le président du Conseil général du Bas-Rhin Guy-Dominique Kennel a pris, depuis l'échec du référendum, la présidence de l'Adira. Charles Buttner, président du Département du Haut-Rhin, autoproclamé « 200 % Haut-Rhinois », a annoncé, lors de ses voeux début janvier, vouloir donner « une nouvelle dimension à (notre) outil de développement économique ».




Un budget de 6 millions d'euros au lancement

C'est dans ce contexte tendu que l'Agence d'attractivité de l'Alsace va être portée sur les fonts baptismaux. À défaut de réunir les agences départementales, elle regroupera, à partir de mars et au terme d'un calendrier institutionnel et juridique à respecter, Alsace International (AI), le Comité régional du tourisme (CRT), la "mission Marque" chargée de déployer la marque Imaginalsace et, petit dernier, le Rés'OT, en charge de l'accompagnement des offices de tourisme. Autant de structures qui dépendent quasiment exclusivement du Conseil régional. Au final, l'Agence d'attractivité regroupera une petite cinquantaine de personnes, dont la plupart seront installées au Château Kiener, à Colmar, pour un budget « de lancement » de l'ordre de 6 millions d'euros. « Le message est clair », souligne Philippe Choukroun, appelé à diriger l'ensemble, « il faut positiver, ne pas rester sur un sentiment de frustration ». C'est donc « pas à pas » que doit être recomposé « le paysage des outils d'accompagnement au développement économique », rappelle-t-il. Après ce premier pas, la porte reste donc ouverte à des évolutions notamment rendues possibles selon lui par le fait qu'« entre les techniciens des agences, le lien n'a jamais été distendu. Jamais les dossiers n'ont souffert du 7-avril ».




"Alsace International Marketing"

De par les entités qui la composent, l'Agence d'attractivité aura pour mission de promouvoir l'Alsace à l'étranger, aussi bien dans ses dimensions économiques que touristiques. Sa Baseline, utilisée hors de nos frontières, ne dit pas autre chose : "Alsace International Marketing". La référence à l'une de ses composantes majeures, la future ex-Alsace International est évidente, mais ne doit pas masquer le rôle clé que joueront tant les équipes issues du tourisme que de la petite structure Marque Alsace. L'Agence souhaite en fait marier autant que possible les deux Alsace dans sa démarche de prospection. L'Alsace industrielle et technologique d'un côté, l'Alsace à vivre de l'autre. Du strict point de vue des entreprises, pour peu qu'elles aient un projet de développement ou d'implantation en Europe, c'est bien la première qui est prépondérante. Mais sur cet item, la région n'est plus forcément gagnante dans les arbitrages. « Ce qui peut être décisif en revanche, c'est notre qualité de vie, ce que savent très bien vendre les équipes du tourisme », ajoute-t-il.




Lutter contre la pudeur alsacienne

La complémentarité des équipes ne s'arrêterait pas là. Parmi les dossiers qui l'attendent, figure celui de la valorisation des domaines d'excellence alsaciens. « Par pudeur ou retenue, nous n'avons jamais vraiment su les mettre en avant. Les compétences du CRT en matière de communication et de promotion permettront d'avancer là-dessus », selon lui. En filigrane, dans chacune des actions et des ambitions de l'Agence d'attractivité pointe ce que Philippe Choukroun définit comme « son âme » : la marque Imaginalsace. « C'est un élément extrêmement fédérateur », estime-t-il, « elle incarne les valeurs et les forces de la région ». À son actif, près de 2.000 entreprises adhérentes qui utilisent ou sont susceptibles d'utiliser le logo A-coeur. Si le rodage de la nouvelle organisation devrait durer jusqu'à la fin 2014, ses actions démarreront rapidement au printemps. À la question des économies générées par cette organisation, qui ont toujours été l'un des objectifs affichés, Philippe Choukroun répond par une demi-pirouette : « Il y aura instantanément des économies sur les frais de structures (administratif, immobilier...). Pour le reste, il est trop tôt pour juger... Mais je peux vous dire que les attentes des entrepreneurs et des acteurs de la région se situent surtout en terme d'efficacité, de visibilité et d'optimisation. Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, une marque et une agence ne sont pas un luxe dans le contexte de compétition internationale dans lequel nous évoluons », conclut-il.



contact
@email 03 89 24 73 50

Bas-Rhin Haut-Rhin