Aujourd'hui en capacité d'accueillir 8,5 millions de passagers, l'infrastructure gérée par Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) n'est pas encore arrivée à saturation. En 2014, le trafic a accusé une légère baisse (- 0,7 %) pour s'établir à 7,52 millions de passagers. Mais compte tenu du rythme moyen d'évolution de la 4e plate-forme aéroportuaire régionale française (+ 2,16 millions de passagers commerciaux depuis 2000), une réflexion à moyen terme s'imposait. Plusieurs options avaient été envisagées ces dernières années mais, fin 2013, celle d'un agrandissement par le sud avait été retenue. « Le cahier des charges du concours d'architecture s'est fait sur la base d'une extension entre les halls A et B, nous mettant en capacité de traiter 10 millions de passagers », indique Alain de la Meslière, directeur des opérations d'ATB. Le projet de l'agence Cardete Huet Architectes qui a été choisi prévoit notamment l'aménagement d'un espace de 5.000 m² entre les deux halls, avec un prolongement du niveau dédié aux départs, la création de 600 m² d'espaces commerciaux et de restauration et celle d'une jetée sur la piste, permettant de traiter simultanément cinq avions en faux contact (pour lesquels l'accès se fait à pied). Chiffrée à 14,1 M€, cette extension - dont les travaux débuteront au quatrième trimestre 2015, avec maintien de l'exploitation - devrait être opérationnelle au printemps 2017.
Un achat réel des parts de l'État en mars
Le changement imminent de gouvernance d'ATB aura-t-il un impact sur cet investissement ? C'est un projet qui avait été « présenté à tous les repreneurs potentiels » de la participation de l'État, rassure Jean-Michel Vernhes, président du directoire d'ATB. Ayant obtenu la préférence de l'État début décembre, le projet du consortium chinois Symbiose a été présenté mi-décembre au comité d'entreprise d'ATB qui « donnera son avis en février, ce qui fait que l'on s'oriente vers un achat réel des parts en mars, prévoit Jean-Michel Vernhes. S'ouvrira alors une autre phase, avec la venue de l'actionnaire dans l'entreprise. Elle donnera lieu à une modification statutaire de la gouvernance, avec une nouvelle répartition des quinze sièges au sein du conseil de surveillance, l'État passant de huit à deux sièges. » Autre chantier majeur pour ATB en 2015 : l'arrivée du tramway à l'aéroport, en avril. Un événement attendu de longue date par les passagers mais aussi le personnel qui travaille sur la plate-forme (150 entreprises pour plus de 4.000 emplois) et qui nécessite plusieurs aménagements du côté d'ATB, tels que l'implantation ces prochains mois de nouveaux escalators et ascenseurs dans les halls B, C et D. A l'horizon 2017, la zone des arrivées aura également été repensée (avec notamment un déplacement des services bagages et des comptoirs des loueurs de véhicules). Annoncés également cette année, des travaux de réfection du taxiway principal qui dessert l'aérogare et des voies de dessertes des parkings avions, une expérimentation de télétravail ou encore la validation d'un projet de centrale photovoltaïque en ombrières sur le parking P5. « En dehors d'un emprunt sur quinze ans contracté en 2008 et d'opérations particulières, tous nos développements sont prévus pour être autofinancés », conclut le président du directoire.
Transport aérien. Alors que la procédure d'ouverture du capital devrait s'achever en mars, la société gestionnaire de l'aéroport Toulouse-Blagnac lance un projet à 14,1 M€, portant sur l'extension de la plate-forme à l'horizon 2017.